L’ancien président bulgare Roumen Radev a remporté une victoire écrasante lors des élections législatives de dimanche, s’assurant une majorité absolue inédite depuis près de trois décennies. Porté par une promesse de lutte contre la corruption et de restauration de la stabilité politique, son mouvement, Bulgarie progressiste, a recueilli 44,7 % des suffrages selon des résultats officiels portant sur 96,4 % des bulletins dépouillés.
Avec environ 130 sièges sur les 240 que compte le Parlement, cette percée ouvre la voie à la formation d’un gouvernement stable dans un pays marqué par une instabilité chronique, illustrée par huit scrutins en cinq ans. La formation de M. Radev devance largement ses principaux rivaux, notamment les conservateurs du GERB et les libéraux du PP-DB, relégués loin derrière avec respectivement 13,4 % et 12,9 % des voix.
Dans une déclaration à ses partisans, l’ancien chef d’État s’est félicité d’avoir « surmonté l’apathie », qualifiant ce résultat de « victoire de l’espoir sur la défiance ». Âgé de 62 ans, cet ancien général de l’armée de l’air s’est engagé à mettre fin à ce qu’il décrit comme une « oligarchie politique », tout en maintenant le cap européen de la Bulgarie.
Cependant, Roumen Radev adopte une ligne nuancée sur la scène internationale. Favorable à une reprise du dialogue avec Moscou, il s’oppose à l’envoi d’armes à l’Ukraine, tout en excluant de bloquer les décisions européennes. Une position qui reflète un équilibre entre engagement européen et pragmatisme national.
Créée il y a seulement quelques mois, Bulgarie progressiste fédère des profils variés, allant d’anciens militaires à des figures politiques issues de divers horizons. Selon les analystes, cette victoire traduit un élargissement de sa base électorale, incluant des électeurs pro-occidentaux.
Enfin, la participation a dépassé les 50 %, un niveau inédit depuis 2021, témoignant d’un regain d’intérêt pour la vie politique dans ce pays de 6,5 millions d’habitants.

