L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le premier cas d’hantavirus détecté à bord du navire de croisière «MV Hondius» ne provient ni du bateau ni d’une escale effectuée durant la traversée, mais la contamination du premier patient serait survenue avant son embarquement en Argentine début avril, a assuré Anaïs Legand, experte technique de l’OMS spécialisée dans les fièvres hémorragiques virales.
Le bateau de croisière « MV Hondius » avait quitté le 1er avril le port d’Ushuaïa situé au Sud de l’Argentine, pour un voyage maritime en direction du Cap-Vert. Le navire, transportant près de 150 passagers, est immobilisé depuis dimanche au large de Praia, la capitale capverdienne, avant une arrivée prévue dans les prochains jours à Tenerife, aux Canaries, ou devraient débarquer les voyageurs.
Le premier malade identifié est un ressortissant néerlandais âgé de 70 ans qui a développé le 6 avril, d’après l’OMS, des symptômes (fièvre, céphalées et diarrhées) avant de décéder cinq jours plus tard.
«La période d’incubation varie généralement entre une et six semaines, le plus souvent autour de deux à trois semaines», a expliqué Anaïs Legand, précisant que cette chronologie exclut une contamination durant la croisière.
L’épouse du septuagénaire, âgée de 69 ans, est également décédée après avoir présenté des symptômes similaires. Son infection par la souche andine de l’hantavirus, connue pour sa transmission interhumaine, a été confirmée le 4 mai dernier. Un troisième décès, celui d’une ressortissante allemande, fait toujours l’objet d’investigations.
L’OMS souligne que la transmission de l’hantavirus, nécessite des contacts étroits, notamment des échanges de salive. La souche des Andes affiche un taux de mortalité pouvant atteindre 40 %. Les autorités sanitaires poursuivent leurs investigations afin de mieux comprendre les mécanismes de transmission de ce virus entre humains.
Avant leur embarquement, les deux victimes néerlandaises avaient séjourné en Amérique du Sud, notamment en Argentine, où 42 nouveaux cas d’hantavirus ont été recensés depuis le début de l’année. Un foyer familial suspecté de transmission interhumaine a également été signalé en Patagonie.
Face à la situation, l’OMS a dépêché une équipe à bord du Bateau «MV Hondius», afin d’y évaluer les risques sanitaires et accompagner les autorités des Iles Canaries, dans la gestion du débarquement des passagers.

