L’Iran menace d’enrichir l’uranium à 90 % en cas de nouvelle frappe conjointe des États-Unis et d’Israël

Face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, l’Iran a averti mardi qu’un enrichissement de l’uranium à hauteur de 90 % pourrait constituer l’une des réponses envisagées en cas de nouvelle offensive menée par les États-Unis et Israël contre son territoire. 

Dans un nouveau durcissement du discours de Téhéran dans un contexte régional particulièrement volatile, le porte-parole de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Rezaei a averti que Téhéran pourrait enrichir son uranium à 90%, un seuil militaire, si l’Iran était de nouveau attaqué par les Etats-Unis et Israël. 

Les propos du responsable iranien Rezaei interviennent alors que la région traverse l’une de ses périodes les plus tendues depuis plusieurs années. Le 28 février dernier, des frappes conjointes des forces armées américaines et israéliennes avaient visé plusieurs sites stratégiques en Iran, entraînant une riposte immédiate de Téhéran à travers des attaques aux drones et aux missiles balistiques contre Israël et des bases militaires américaines dans les pays du Golfe alliées des États-Unis.

Cette montée des hostilités a également eu des répercussions majeures sur le commerce maritime international, avec la fermeture par Téhéran, du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique pour le transport mondial des hydrocarbures, suscitant de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale quant au risque d’un embrasement régional.

Un cessez-le-feu est finalement entré en vigueur le 8 avril grâce à une médiation menée par le Pakistan. Toutefois, les discussions organisées à Islamabad n’ont pas permis de déboucher sur un accord politique durable entre l’Iran et les Etats-Unis. La trêve a ensuite été prolongée par le président américain, Donald Trump, sans qu’aucune échéance précise ne soit annoncée.

Dans ce contexte diplomatique fragile, l’Iran a transmis dimanche au Pakistan sa réponse à une proposition américaine destinée à mettre fin au conflit. Une réponse rapidement rejetée par Donald Trump, qui l’a qualifiée de «totalement inacceptable», laissant planer de nouvelles menaces de reprise des hostilités au détriment de la stabilité de la région du Moyen-Orient.