Des milliers d’Allemands privés d’électricité, après un incendie probablement volontaire

Une importante panne d’électricité a frappé lundi plusieurs secteurs de la ville de Reutlingen, dans le sud-ouest de l’Allemagne, à la suite d’un incendie survenu dans un poste de transformation électrique. L’incident, qui a privé des milliers d’habitants de courant pendant plusieurs heures, fait désormais l’objet d’une enquête approfondie en raison de soupçons d’acte criminel.

Les autorités fédérales et régionales ont rapidement réagi face à cet événement jugé particulièrement préoccupant. Le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a indiqué que les premiers éléments recueillis orientaient les enquêteurs vers la thèse d’un incendie volontaire. Selon lui, toutes les pistes demeurent ouvertes afin d’identifier les auteurs et de déterminer les motivations exactes de cet acte.

Même prudence du côté du gouvernement régional du Bade-Wurtemberg. Son ministre de l’Intérieur, Manuel Hagel, a confirmé l’ouverture d’une enquête pour incendie criminel et perturbation des services publics. Il a souligné que les investigations devront établir si l’incident relève d’un simple sabotage ou s’il pourrait être assimilé à un acte terroriste. Les autorités ont assuré qu’elles feraient preuve de la plus grande fermeté à l’égard des responsables éventuels.

Le gestionnaire du réseau électrique, Netze BW, a également fait état d’indices laissant penser à une intervention délibérée dans le poste de transformation touché. De son côté, l’Office de police criminelle du Bade-Wurtemberg (LKA) a précisé qu’aucune hypothèse n’était exclue à ce stade de l’enquête.

L’incendie, déclaré dans la nuit de dimanche à lundi, a provoqué une coupure de courant affectant près de 7.600 foyers, ainsi que plusieurs infrastructures essentielles, dont l’hôpital de Reutlingen.

Cet épisode ravive le souvenir de précédents actes de sabotage ayant visé le réseau électrique allemand. En janvier dernier, un incendie criminel revendiqué par le groupe d’extrême gauche « Vulkangruppe » avait plongé plus de 100.000 habitants de Berlin dans le noir. Malgré plusieurs attaques revendiquées au cours de la dernière décennie, les autorités allemandes n’ont jamais réussi à identifier les membres de cette organisation clandestine, contre laquelle les efforts de lutte ont été considérablement renforcés.