Le Royaume-Uni s’apprête à interdire l’accès des adolescents de moins de 16 ans aux réseaux sociaux

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer a annoncé ce lundi 15 juin, son intention d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs âgés de moins de 16 ans, dans le cadre d’une vaste stratégie destinée à renforcer la protection des enfants dans l’univers numérique.

Selon Starmer, le gouvernement entend soumettre au Parlement un projet de loi en ce sens, avant la fin de l’année, avec une entrée en vigueur de la future loi, envisagée au printemps prochain. 

Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large de régulation des usages numériques chez les jeunes. À ce titre, de nouvelles dispositions visant également les plateformes de jeux vidéo et de streaming, devraient être dévoilées dans les prochains mois.

Cette orientation intervient à l’issue d’une consultation nationale qui a recueilli près de 116.000 contributions. D’après Downing Street, une majorité écrasante des parents interrogés considère que les dangers associés aux réseaux sociaux, notamment en matière de santé mentale, de cyberharcèlement et d’exposition à des contenus inappropriés, dépassent largement les bénéfices que les réseaux sociaux peuvent offrir aux enfants mineurs.

Conscient des limites d’un tel dispositif, Keir Starmer a reconnu que certains mineurs pourraient chercher à contourner les futures restrictions. Il a toutefois estimé qu’il était indispensable de mettre en place un cadre juridique clair afin de mieux protéger les jeunes utilisateurs et de responsabiliser les plateformes numériques.

Avec cette réforme, le Royaume-Uni rejoint plusieurs pays qui ont déjà adopté ou envisagent des mesures comparables, parmi lesquels l’Australie, l’Indonésie et le Canada. En France également, un projet de loi actuellement examiné par le Parlement prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Parallèlement, le gouvernement britannique a accordé un délai de trois mois aux grandes entreprises technologiques pour renforcer leurs mécanismes de protection des mineurs contre les contenus sexuels explicites. À défaut d’avancées jugées suffisantes, Londres n’exclut pas de recourir à de nouvelles mesures législatives pour contraindre les plateformes à respecter leurs obligations.