La Roumanie toujours sans nouveau Premier ministre après l’échec d’Adrian Vestea à obtenir la confiance du Parlement

La Roumanie demeure plongée dans l’incertitude politique après le rejet, lundi soir, par le Parlement de la candidature du libéral Adrian Vestea au poste de Premier ministre qui est vacant depuis deux mois après la destitution de l’ancien gouvernement dirigé par Ilie Bolojan.

Désigné à la mi-juin par le président Nicusor Dan pour former un nouveau gouvernement, Adrian Vestea devait obtenir au moins 233 voix favorables sur les 464 sièges du Parlement. Il n’a finalement recueilli que 189 suffrages, dans un contexte marqué par le départ de plusieurs députés de l’hémicycle avant le vote, notamment ceux de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), principale formation d’extrême droite du pays.

À l’issue du scrutin, M. Vestea a défendu son action, affirmant avoir « fait son devoir ». Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a dénoncé les conséquences de l’impasse politique actuelle, estimant que les quarante-sept jours passés sans gouvernement coûtaient déjà au pays « des fonds européens, de la confiance et un temps précieux ».

La crise trouve son origine au début du mois de mai, lorsque le gouvernement pro-européen d’Ilie Bolojan a été renversé par une alliance de circonstance entre le Parti social-démocrate (PSD) et l’AUR. Depuis lors, Bolojan assure uniquement la gestion des affaires courantes.

Le PSD avait auparavant quitté la coalition gouvernementale pour protester contre les mesures d’austérité adoptées afin de réduire le déficit budgétaire, le plus élevé de l’Union européenne. Avant Adrian Vestea, un autre candidat désigné, Eugen Tomac, avait renoncé à former un gouvernement faute de majorité parlementaire.

Face à cette nouvelle impasse, Adrian Vestea a mis en garde contre le risque d’élections législatives anticipées, qu’il juge préjudiciables pour l’économie et la stabilité du pays. Le président Nicusor Dan continue toutefois d’exclure toute participation de l’extrême droite à une future coalition, alors que l’AUR poursuit sa progression dans les sondages.