Abelardo de la Espriella proclamé vainqueur de la présidentielle colombienne

La Colombie s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre politique après la victoire d’Abelardo de la Espriella à l’élection présidentielle, officiellement confirmée mercredi par le Conseil national électoral (CNE).

Le scrutin, présenté comme le plus disputé et le plus fortement mobilisateur de l’histoire du pays, s’est soldé par un écart relativement réduit entre les deux candidats en lice.

Selon les résultats définitifs, le candidat de droite dure, Abelardo de la Espriella, avocat de 47 ans et homme d’affaires millionnaire, a obtenu 12.960.166 voix, contre 12.708.312 pour son adversaire, le sénateur de gauche et défenseur des droits humains, Iván Cepeda. Quelques heures avant la proclamation officielle du résultat du scrutin, ce dernier a reconnu sa défaite et appelé à l’apaisement.

« J’ai décidé d’accepter le résultat qui découle de ce processus », a déclaré Iván Cepeda, affirmant agir dans un esprit de coexistence, de paix et de dialogue national. Cette prise de position intervient après plusieurs jours de tensions marquées par des manifestations et des affrontements entre partisans de gauche et forces de l’ordre dans plusieurs grandes villes, notamment Bogotá et Cali.

L’élection s’est déroulée dans un climat de contestation. Le président sortant, Gustavo Petro, unique chef d’État de gauche de l’histoire colombienne, avait dénoncé de supposées irrégularités électorales et évoqué une possible ingérence étrangère. Toutefois, l’autorité électorale a assuré que le dépouillement final correspondait à 99,9 % au précompte initial, tandis que la mission d’observation de l’Union européenne a écarté toute irrégularité significative.

La victoire de De la Espriella confirme la progression des forces conservatrices en Amérique latine depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le président élu a déjà annoncé un durcissement de la politique sécuritaire et antidrogue, avec notamment l’éradication chimique des cultures de coca, le renforcement de la coopération militaire avec les États-Unis et un rapprochement diplomatique avec Israël.

Si ces orientations marquent une rupture nette avec celles du gouvernement sortant, leur mise en œuvre dépendra largement des équilibres parlementaires. La gauche demeure en effet la principale force au Congrès, obligeant le futur président à rechercher des alliances pour concrétiser son programme.