L’ex-ministre indonésien, Nadiem Makarim condamné à dix ans de prison pour corruption

Le tribunal de Jakarta, la capitale de l’Indonésie, a condamné ce mardi 30 juin, Nadiem Makarim, ancien ministre de l’Éducation et cofondateur de Gojek, pionnier du VTC et de la livraison en Asie du Sud-Est, à dix ans de prison pour corruption dans une affaire liée à l’acquisition d’ordinateurs portables Chromebook destinés aux écoles pendant la pandémie de la Covid-19. 

Le parquet avait pourtant requis une peine de 18 ans d’emprisonnement contre cet entrepreneur de 41 ans, autrefois considéré comme l’une des figures emblématiques de l’écosystème technologique indonésien.

La justice a estimé que ce programme d’achat public avait causé un préjudice d’environ 120 millions de dollars à l’État. En plus de sa peine de prison, Nadiem Makarim a été condamné à une amende d’un milliard de roupies, soit près de 55.000 dollars, ainsi qu’au remboursement de 809 milliards de roupies (environ 45 millions de dollars). À défaut de paiement, il encourt plus de cinq années supplémentaires d’emprisonnement.

Selon l’accusation, le choix des Chromebooks, équipés du système d’exploitation ChromeOS de Google, aurait été influencé par les investissements du géant américain dans Gojek. Google n’a toutefois pas été mis en cause dans cette affaire et a rejeté toute accusation d’irrégularité.

Tout au long du procès, Nadiem Makarim a contesté les faits qui lui étaient reprochés, soutenant que l’opération avait permis de réaliser des économies substantielles pour les finances publiques. À l’issue du verdict, il a dénoncé une décision « fondée sur des faits totalement déraisonnables » et annoncé, par l’intermédiaire de son avocat, son intention de faire appel.

À l’extérieur du tribunal, plusieurs dizaines de chauffeurs de Gojek, vêtus de leurs emblématiques vestes vertes, lui ont apporté leur soutien en scandant son innocence.

Fondateur de Gojek en 2010, entreprise devenue l’un des principaux acteurs du transport et de la livraison en Asie du Sud-Est, Nadiem Makarim avait quitté le secteur privé en 2019 pour rejoindre le gouvernement du président Joko Widodo. Durant son mandat ministériel, il s’était illustré par plusieurs réformes éducatives, notamment en faveur d’une plus grande autonomie pédagogique des enseignants.