Le vaste programme de régularisation des étrangers en situation irrégulière en Espagne lancé par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a franchi le cap d’un million de demandes de régularisation déposées à l’approche de sa clôture ce mardi, un niveau largement supérieur aux estimations initiales de l’exécutif.
Cette campagne portée par le Premier ministre, Pedro Sanchez, s’inscrit à contre-courant du durcissement des politiques migratoires observé dans plusieurs pays de l’Union européenne.
Lors d’une intervention publique, le Chef de l’exécutif espagnol a défendu une politique migratoire de son pays, fondée sur « une immigration légale, sûre et ordonnée », affirmant que l’Espagne entend demeurer « un pays qui respecte, protège et garantit les droits humains ».
Il a également présenté cette régularisation comme une mesure bénéfique pour l’économie nationale, tout en reconnaissant les défis liés à l’intégration des nouveaux résidents.
Les personnes concernées devaient justifier d’au moins cinq mois de présence sur le territoire espagnol au 1er janvier et fournir la preuve de l’absence de condamnation pénale.
Les autorités espagnoles disposent désormais d’un délai de trois mois, pour examiner les dossiers et décider de l’octroi, ou du refus d’un permis de séjour et de travail valable uniquement en Espagne.
Initialement, le gouvernement estimait que près de 500.000 personnes, majoritairement originaires d’Amérique latine, seraient éligibles à cette procédure. Pour l’exécutif, cette opération vise à sortir de la précarité administrative des centaines de milliers de personnes déjà intégrées dans la société espagnole.
Au-delà de l’enjeu humanitaire, Pedro Sánchez met en avant les besoins du marché du travail et le vieillissement démographique pour justifier cette politique. Selon lui, l’immigration constitue un levier indispensable pour soutenir la croissance économique, affirmant que, sans apport migratoire, l’Espagne pourrait perdre jusqu’à 19 % de son produit intérieur brut d’ici 2050.
Contesté par le Parti populaire et Vox, qui dénonce cette régularisation et réclame la démission du chef du gouvernement socialiste, ce plan intervient dans un climat politique tendu. Au 1er janvier, l’Espagne comptait plus de 10 millions de personnes nées à l’étranger sur une population totale de près de 50 millions d’habitants.

