Le département américain de la Défense souhaite accélérer fortement la production d’armements afin de répondre à la pression croissante exercée sur les stocks de missiles aux États-Unis.
Une note interne, révélée dimanche 9 août, par le Washington Post, appelle les industriels du secteur à proposer rapidement des solutions pour réduire les délais de livraison.
Signé par Steve Feinberg, secrétaire adjoint à la Défense, le document demande aux entreprises de soumettre, dans un délai de trois semaines, des propositions destinées à «réduire drastiquement les délais de livraison d’armes et donc accélérer leur production».
Le responsable du Département de la Défense estime que les cycles de développement actuels, qui peuvent s’étendre sur plusieurs années, ne sont plus compatibles avec les besoins opérationnels immédiats des forces armées des Etats-Unis.
Cette demande intervient alors que les chaînes de production américaines fonctionnent déjà à plein régime. Ces derniers mois, le Pentagone a multiplié les accords avec les principaux groupes de défense américains, tout en renforçant sa coopération avec des start-up spécialisées, afin d’élargir et de diversifier ses capacités d’approvisionnement en armes.
L’urgence est notamment liée à la consommation importante de missiles depuis le début de la guerre contre l’Iran. Au cours du premier mois du conflit, les forces américaines auraient utilisé plus de 1.000 missiles Patriot. Le stock disponible serait ainsi passé d’environ 2.200 unités à quelque 800, selon les informations rapportées par le Washington Post.
Au rythme actuel de la production, il faudrait près de deux ans aux États-Unis pour atteindre leur niveau de stocks d’armes d’avant-guerre. La situation serait également préoccupante pour d’autres systèmes stratégiques, notamment les missiles Tomahawk et les intercepteurs THAAD.
Alors que le président américain, Donald Trump affirme publiquement que les forces américaines disposent de suffisamment de munitions, des sources proches du président estiment que les inquiétudes concernant les stocks auraient contribué à sa décision de ne pas ordonner de nouvelle campagne massive de bombardements contre l’Iran.

