L’Irak a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête sur une attaque de drones ayant visé dans la nuit du lundi 17 août, le bureau du Premier ministre du Kurdistan irakien, dans la région d’Erbil. Le gouvernement régional a attribué cette frappe à l’Iran, tandis que Téhéran a rejeté toute implication dans cette attaque qu’elle a qualifiée de «suspecte».
L’attaque, survenue vers 00H28 aux environs de Pirmam, n’a fait aucune victime. Le Premier ministre du Kurdistan, Masrour Barzani a affirmé que des « drones iraniens » avaient également ciblé le domicile du chef de l’Agence de sécurité et de renseignement. Il a qualifié ces opérations d’«irresponsables et inacceptables», évoquant une «escalade dangereuse».
Les services antiterroristes du Kurdistan ont précisé que deux drones piégés de type Hadid 110 avaient été utilisés et que l’attaque aurait été lancée depuis la frontière avec l’Iran. Face à ces accusations, le gouvernement irakien a ordonné la création d’une commission d’enquête chargée d’identifier les auteurs de ces tirs et de déterminer l’origine des appareils.
Téhéran ayant immédiatement contesté les accusations, le ministère irakien des Affaires étrangères a indiqué que les autorités iraniennes avaient assuré ne disposer d’« aucune information » permettant d’établir que l’attaque provenait du territoire iranien. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a également évoqué sur X, la possibilité d’une opération « sous faux drapeau» iranien destinée à provoquer des tensions entre les deux pays voisins.
Le Kurdistan irakien demeure particulièrement exposé aux tensions régionales. Il accueille notamment des forces américaines, des compagnies pétrolières étrangères et des groupes kurdes iraniens en exil, régulièrement dénoncés par Téhéran.
Washington a condamné l’attaque et son envoyé spécial en Irak, Tom Barrack, l’a qualifiée de « menace directe pour la stabilité régionale» tout en réaffirmant le soutien des Etats-Unis à la souveraineté de l’Irak.
Cette attaque intervient alors que Bagdad, sous pression américaine, demande aux groupes armés pro-iraniens de se désarmer d’ici le 30 septembre. Plusieurs factions refusent toutefois de déposer les armes, tant que des forces étrangères restent présentes dans le Nord du pays.

