L’une des principales dissidences issues des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), l’Estado Mayor Central (EMC), a revendiqué dimanche 30 août, la détention d’un caporal colombien servant au sein de la Légion étrangère française, porté disparu depuis le 6 août dans le Sud-ouest de la Colombie.
Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, dont RFI, le groupe armé affirme avoir « intercepté et fait prisonnier » José Olger Melo Charry alors qu’il circulait dans une zone rurale de la municipalité de Cumbitara, dans le département de Nariño. L’organisation assure que le militaire est «vivant» et «en parfaite santé», précisant qu’il bénéficierait de soins médicaux et d’une alimentation adéquate.
L’EMC présente le caporal comme un «prisonnier de guerre» et conteste la qualification de son acte, d’«enlèvement» retenue par les autorités colombiennes. Le groupe affirme par ailleurs que l’intégrité physique de son otage sera garantie, tout en avertissant contre toute opération militaire dans la zone où il serait détenu, estimant qu’une tentative de sa libération pourrait mettre sa vie en danger.
Âgé d’une trentaine d’années et de nationalité colombienne, José Olger Melo Charry sert depuis environ quatre ans dans l’armée française, au sein de la Légion étrangère, selon le ministère français des Armées. Il ne possède toutefois pas la nationalité française. Paris a indiqué suivre l’affaire « de très près », en coordination avec les autorités colombiennes, qui ont ouvert une enquête judiciaire dans cette affaire.
Le militaire se trouvait en Colombie alors qu’il était en permission lorsqu’il a disparu. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait été intercepté à un barrage routier clandestin. Les hommes armés auraient découvert son appartenance à la Légion étrangère avant de l’emmener vers une destination inconnue. Une femme qui était en la compagnie de Melo Charry, a été également retenue avant d’être libérée quelques heures plus tard.
Très actif dans le Sud-ouest colombien, l’EMC regroupe des dissidents des Farc ayant rejeté l’accord de paix conclu en 2016. Le département de Nariño demeure l’un des principaux foyers de violences armées du pays, marqué par la présence de groupes violents impliqués dans le trafic de drogue et d’autres activités illégales.

