Premier échange de frappes entre les Etats-Unis et l’Iran après un mois d’accalmie

L’Iran a affirmé lundi avoir mené des attaques «en légitime défense» contre des cibles militaires américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis, en réponse à des frappes américaines contre son territoire.

Ces opérations marquent une nouvelle escalade après près d’un mois d’accalmie relative au Moyen-Orient, alors que le conflit irano-américain entre dans son septième mois.

La reprise des échanges de frappes militaires intervient dans un contexte diplomatique toujours bloqué et contraste avec les récentes déclarations de l’administration américaine, qui avait indiqué vouloir privilégier la pression économique contre Téhéran. L’annonce des nouvelles attaques a également ravivé les inquiétudes sur les marchés énergétiques, faisant grimper le prix du Brent au-delà du seuil de 90 dollars le baril.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que les forces américaines avaient frappé deux lanceurs d’obus iraniens basés sur l’île de Larak, située dans le stratégique détroit d’Ormuz. Selon son porte-parole, Tim Hawkins, cette opération est intervenue après l’observation de membres des Gardiens de la Révolution se préparant à lancer des roquettes transportant des mines marines.

L’agence iranienne Tasnim a fait état de deux morts et de deux blessés à la suite de ces frappes. En représailles, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir visé, à l’aide de missiles balistiques et de drones, des installations militaires américaines sur deux bases aériennes en Jordanie. L’armée jordanienne a annoncé avoir intercepté huit missiles ayant pénétré son espace aérien, sans en préciser la provenance.

Téhéran a également déclaré avoir ciblé à l’aide de drones une autre base militaire américaine aux Émirats arabes unis où seraient stationnées des forces américaines, tout en affirmant avoir abattu un drone américain dans le détroit d’Ormuz. Les autorités émiraties ont, pour leur part, indiqué avoir réagi à la détection d’un drone venu d’Iran au-dessus de leurs eaux territoriales.

Au cœur de la crise, le détroit d’Ormuz demeure un enjeu majeur. L’Iran maintient de fortes restrictions sur cette voie maritime stratégique, malgré les opérations américaines visant à sécuriser la navigation.
Alors que les négociations restent dans l’impasse, le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré que son pays ne recherchait pas la guerre, tout en promettant de répondre à toute nouvelle agression étrangère.