Le Parlement italien se prononce jeudi sur une réforme électorale défendue par la Première ministre Giorgia Meloni et sa majorité, mais vivement contestée par l’opposition. Celle-ci accuse le gouvernement de vouloir modifier les règles du scrutin en vue des prochaines législatives, prévues au plus tard en 2027.
L’exécutif présente au contraire le projet comme un moyen de renforcer la stabilité politique du pays et de faciliter la formation de majorités gouvernementales durables. « Garantir la gouvernabilité » constitue l’un des principaux objectifs de la réforme, a déclaré le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Luca Ciriani.
Le texte prévoit notamment que les partis ou coalitions présentent avant le scrutin leur programme de gouvernement ainsi que leur candidat au poste de Premier ministre. Une disposition susceptible de mettre davantage en difficulté le centre-gauche, actuellement confronté à des divergences sur plusieurs orientations politiques et sur le choix de son éventuel candidat.
Déjà adopté par le Sénat, le projet doit encore être approuvé par la Chambre des députés. L’opposition, qui a annoncé son intention de voter contre, estime que la réforme favoriserait les intérêts de la majorité. Le vote se déroulera à bulletin secret, alors que la coalition gouvernementale, bien que majoritaire, montre certains signes de tension.
Giorgia Meloni a prévenu qu’elle démissionnerait en cas de rejet du texte. Plusieurs analystes jugent toutefois son adoption probable, les parlementaires étant peu susceptibles de provoquer des élections anticipées dans l’immédiat.
Sur le fond, la réforme instaurerait un système entièrement proportionnel assorti d’une prime majoritaire. Une coalition obtenant au moins 42% des suffrages bénéficierait ainsi de 70 sièges supplémentaires à la Chambre et de 35 au Sénat.
Le scrutin pourrait toutefois réserver des surprises. Selon des sondages récents, le centre-gauche pourrait atteindre ce seuil, à condition de surmonter ses divisions et d’élargir son alliance. À droite, le nouveau parti de l’ancien général Roberto Vannacci progresse également dans les intentions de vote, compliquant les équilibres au sein de la majorité.

