Les réserves de gaz naturel de l’Union européenne atteignent leur niveau le plus faible depuis 2013, à l’approche de l’hiver 2026-2027. Dans un rapport publié mardi 3 novembre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) met en garde contre les risques que cette situation fait peser sur la sécurité de l’approvisionnement du continent, particulièrement en cas de conditions météorologiques rigoureuses ou de nouvelles perturbations des livraisons.
Selon l’agence, la faiblesse des stocks contraint davantage les pays européens à dépendre des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) pour répondre aux pointes de consommation durant la saison froide. Cette exposition accrue rend le marché particulièrement vulnérable à plusieurs facteurs, notamment un épisode de froid prolongé, une défaillance technique ou des difficultés d’acheminement des cargaisons.
Les projections de l’AIE font état d’un scénario préoccupant : si les températures passent sous les moyennes saisonnières et que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz se prolongent, les réserves européennes pourraient tomber sous le seuil de 10 % de leur capacité à la fin de mars 2027. L’agence souligne également que les possibilités de prélèvement dans les installations de stockage diminuent lorsque leur taux de remplissage devient inférieur à 30 %, ce qui pourrait compliquer davantage la gestion de l’approvisionnement.
La situation risque par ailleurs d’intensifier la concurrence internationale pour les cargaisons disponibles de GNL. La demande européenne de reconstitution des stocks au cours de l’été 2027 pourrait ainsi accentuer les tensions sur le marché mondial et exercer une pression supplémentaire sur les prix.
Les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient pèsent déjà sur l’offre. Entre mars et octobre, les exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis ont diminué de plus de 60 milliards de mètres cubes sur un an, en raison des difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz. La hausse de la production en Amérique du Nord et en Afrique a toutefois compensé environ les deux tiers de cette baisse.
Dans ce contexte, l’AIE anticipe une contraction de 3 % de l’offre mondiale de GNL en 2026, un recul annuel sans précédent si les perturbations persistent jusqu’à la fin de l’année. Elle appelle à renforcer la coopération internationale pour sécuriser les approvisionnements.

