La Corée du Nord écarte toute reprise du dialogue avec Washington et poursuit ses essais de missiles

La Corée du Nord a de nouveau fermé la porte à une reprise des négociations avec les États-Unis, estimant n’avoir aucune raison d’engager un dialogue avec une administration américaine qu’elle considère comme hostile.  Cette position, exprimée mercredi par Kim Yo Jong, sœur influente du leader nord-coréen, Kim Jong Un, intervient alors que Pyongyang a procédé à de nouveaux tirs de missiles en direction de la mer du Japon.

Dans une déclaration relayée par l’agence officielle KCNA, Kim Yo Jong a dénoncé la politique américaine à l’égard de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Elle, affirme que Washington poursuivait une stratégie de confrontation malgré ses appels au dialogue, estimant que les conditions actuelles ne justifient aucune rencontre avec des responsables américains qu’elle juge peu fiables. Elle a également souligné que le dialogue avec Washington ne constituait pas nécessairement une priorité pour les intérêts nationaux nord-coréens.

Ces déclarations réduisent les perspectives d’une rencontre entre les dirigeants nord-coréen, Kim Jong Un et américain, Donald Trump, qui avait évoqué la possibilité d’un sommet lors de sa tournée asiatique de novembre. Les deux dirigeants s’étaient rencontrés à trois reprises pendant le premier mandat de Trump (2017-2021), sans parvenir à conclure un accord durable sur le programme nucléaire nord-coréen.

Parallèlement, l’état-major interarmées sud-coréen a signalé le lancement de plusieurs missiles depuis la région de Sondok, dans l’est de la Corée du Nord, en direction de la mer du Japon. Ces tirs s’inscrivent dans une série d’essais militaires menés ces dernières semaines par Pyongyang, portant notamment sur des missiles, des drones et des torpilles.

Les tensions se sont également accentuées autour des accusations américaines visant la Corée du Nord dans le piratage de la plateforme de cryptomonnaies Binance, portant sur environ 6,3 milliards de dollars. Le FBI a attribué cette opération au groupe de hackers TraderTraitor, lié à Pyongyang. Kim Yo Jong a rejeté ces accusations, les qualifiant de provocation politique.

Pour certains analystes sud-coréens, cette fermeté traduit une évolution de la posture diplomatique nord-coréenne, qui privilégierait désormais la confrontation verbale et les démonstrations de puissance. Dans le même temps, Kim Jong Un poursuit le renforcement des capacités militaires de son pays, notamment navales, avec la construction d’un nouveau bâtiment de guerre présenté comme particulièrement avancé.