L’Europe face à l’image du petit Aylan

Il aura fallu cette photo choquante du petit Aylan pour que le monde se rende compte de l’ampleur du drame syrien, une tragédie dont tous ceux qui ont provoqué l’étincelle ou qui continuent encore d’attiser la flamme portent l’infâme responsabilité.

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La photo a fait le tour du monde et la vidéo a été visionnée des millions de fois sur le web. Le corps d’un garçonnet d’à peine 3 ans, rejeté par la mer et le visage contre le sable. Une image qui jette à la conscience du monde le sort des milliers de syriens qui fuient une guerre insensée à la recherche d’une terre d’asile.

Une image qui hantera longtemps le monde. Surtout l’Europe, qui s’est transformée en citadelle infranchissable tout en se vantant d’être la patrie des valeurs humaines. Bien sûr, derrière le drame syrien et derrière tous ces malheureux jetés sur les chemins de l’exil, il y a mille justifications. Les extrémistes islamistes de tous bords, les pays voisins, arabes et non arabes, qui alimentent le brasier syrien en hommes et en armes, les fous de l’organisation terroriste de l’Etat islamique, les passeurs…

Et dans cet inventaire, les pays européens n’ont pourtant pas été les derniers à contribuer à l’attisement de l’incendie en Syrie. Un pays où ses enfants n’ont plus de place face à la folie meurtrière qui s’y déroule. On peut comprendre leur désarroi. C’est humain que les plus fortunés, les plus chanceux essaient de sauver leur progéniture en prenant le chemin de l’Europe des droits de l’Homme, l’Europe nantie.

Alors, si aujourd’hui l’Europe ouvrait ses bras devant ces malheureux, l’image du petit Aylan étendu le visage baigné par les vagues froides d’une plage turque ne sera peut être pas effacée, mais elle aura au moins servi à éveiller la conscience des hommes.