Tokyo Electric Power Company (Tepco) a annoncé qu’un délai supplémentaire d’un à deux jours serait nécessaire pour procéder à des vérifications techniques complémentaires à la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, avant son redémarrage qui était attendu cette semaine selon plusieurs médias japonais. L’exploitant n’a toutefois jamais communiqué de date officielle de remise en service de la centrale.
Située sur la côte de la mer du Japon, dans le département de Niigata, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa est la plus grande installation nucléaire au monde en termes de capacité. Elle avait été mise à l’arrêt en 2011, comme l’ensemble du parc nucléaire japonais, à la suite du séisme, du tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi, également exploitée par Tepco. Ces événements avaient profondément ébranlé la confiance de l’opinion publique en l’énergie nucléaire.
Plus d’une décennie plus tard, le Japon cherche toutefois à relancer progressivement ses réacteurs afin de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles importés, d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 et de répondre à l’augmentation de la demande intérieure en électricité, notamment liée au développement de l’intelligence artificielle et des centres de données. À ce jour, 14 réacteurs ont déjà été remis en service après un renforcement drastique des normes de sécurité.
Le redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa constituerait une étape symbolique majeure, puisqu’il s’agirait de la première relance d’une centrale par Tepco depuis 2011. Le projet a reçu l’aval de l’assemblée départementale de Niigata en décembre dernier, suivi de l’approbation finale de l’Autorité japonaise de régulation nucléaire, attestant de la conformité de l’installation aux exigences nationales en matière de sécurité.
Selon un porte-parole de Tepco, Isao Ito, l’entreprise a décidé de procéder à une nouvelle inspection après la détection, samedi dernier, d’un dysfonctionnement lié à une alarme sur l’un des réacteurs. Le problème a été résolu dès le lendemain, mais l’exploitant a jugé nécessaire de mener des contrôles supplémentaires avant toute remise en marche. Une fois ces vérifications achevées, Tepco prévoit d’en rendre compte aux autorités et de lancer le redémarrage.
Malgré ces assurances, le projet reste vivement contesté. Environ 50 manifestants se sont rassemblés ce lundi 19 janvier devant le siège de Tepco à Tokyo, pour dénoncer les risques persistants que font planer les centrales nucléaires.
«Un simple retard ne suffit pas », a déclaré Takeshi Sakagami, président du Citizens’ Nuclear Regulatory Watchdog Group, appelant à une enquête approfondie et, en cas de faille majeure, à l’abandon définitif du réacteur Kashiwazaki-Kariwa.

