L’Italie affirme respecter ses accords militaires avec Washington mais refuse toute implication dans la guerre contre l’Iran

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni a réaffirmé jeudi, que l’Italie continuerait de respecter les accords bilatéraux encadrant l’utilisation des bases militaires américaines situées sur son territoire, tout en soulignant qu’aucune demande n’avait été formulée à ce stade pour leur emploi dans le cadre d’une opération militaire contre l’Iran.

S’exprimant dans une interview accordée à la radio RTL, la cheffe du gouvernement italien a insisté sur la volonté de Rome de rester à l’écart d’un conflit direct. « Aujourd’hui, nous n’avons reçu aucune demande en ce sens et je tiens à être claire : nous ne sommes pas en guerre et nous ne voulons pas entrer en guerre», a-t-elle insisté.

La dirigeante italienne a rappelé que les relations militaires entre l’Italie et les États-Unis reposent sur des accords datant de 1954. Ces derniers autorisent notamment l’utilisation de certaines infrastructures militaires italiennes pour des opérations logistiques ou de soutien, mais pas pour des actions offensives.

Selon Giorgia Meloni, ces autorisations relèvent essentiellement de procédures techniques, liées à ce que l’on appelle des opérations « non cinétiques ». « Il s’agit d’activités clairement logistiques qui n’impliquent pas de bombardements ni des actions militaires directes », a-t-elle précisé.

La Première ministre Meloni a toutefois indiqué que toute demande visant à utiliser les bases italiennes pour des opérations de combat ferait l’objet d’un examen politique approfondi. Une telle décision, a-t-elle assuré, serait débattue avec le Parlement.

Dans ce contexte, Rome étudie, aux côtés du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne, la possibilité de renforcer le soutien défensif aux États du Golfe. L’objectif est notamment d’assurer la sécurité de dizaines de milliers de ressortissants italiens présents au Moyen-Orient ainsi que d’environ 2.000 soldats déployés dans la région.

Enfin, la cheffe du gouvernement a souligné les risques économiques liés à cette guerre, en particulier sur les marchés de l’énergie et de l’alimentation, assurant son gouvernement surveillait de près l’évolution des prix du gaz. Elle enfin averti que les entreprises cherchant à tirer profit de la situation en Italie, pourraient être soumises à une fiscalité accrue.