La Pologne et la Suisse ont engagé un dialogue stratégique visant à renforcer leur coopération en matière de formation militaire, avec un accent particulier sur les technologies émergentes et le développement de capacités conjointes. Cette initiative illustre la volonté des deux pays d’adapter leurs dispositifs de défense aux nouvelles menaces globales.
Le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a accueilli jeudi à Varsovie le conseiller fédéral et chef du Département de la défense suisse, Martin Pfister. Les discussions ont porté sur l’élargissement de la coopération bilatérale, tant dans le domaine de la formation militaire que dans celui du développement de l’industrie de la défense.
Au cœur des échanges figuraient des secteurs jugés stratégiques, notamment la cybersécurité, l’intelligence artificielle et les systèmes de drones. Ces thématiques reflètent les priorités actuelles des forces armées européennes, confrontées à des environnements opérationnels de plus en plus complexes et hybrides.
Władysław Kosiniak-Kamysz a rappelé que la coopération entre les deux pays s’inscrit déjà dans une dynamique concrète. Des unités polonaises participent régulièrement à des programmes d’entraînement en Suisse, incluant des exercices sur les chars Leopard ainsi que des formations destinées aux forces spéciales. Ces initiatives témoignent de liens militaires déjà solides et opérationnels.
Le ministre polonais a également salué le modèle suisse de défense civile, qu’il considère comme une source d’inspiration potentielle pour son pays. Ce système, fondé sur une participation active des citoyens à la défense nationale à travers une formation continue, constitue, selon lui, « un mode de vie » pour une large partie de la population suisse.
De son côté, Martin Pfister a exprimé l’intérêt de la Suisse pour l’expérience polonaise en matière de lutte contre les menaces hybrides. En retour, Berne entend partager son expertise dans les domaines de la recherche et de l’industrie de la défense.
Au-delà des enjeux bilatéraux, les deux responsables ont également abordé des questions internationales majeures, notamment le soutien à l’Ukraine et les perspectives de stabilisation au Moyen-Orient, soulignant ainsi la dimension globale de leur coopération.

