Face à l’augmentation préoccupante du temps passé en ligne par les jeunes, l’Union européenne et ses États membres accélèrent leurs initiatives visant à restreindre l’accès des enfants et des adolescents aux réseaux sociaux. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte marqué par la montée des risques numériques, allant de la désinformation au cyberharcèlement.
L’impulsion récente est venue d’Espagne, où le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez a proposé d’interdire l’accès aux plateformes sociales aux enfants de moins de 16 ans, une position qui a relancé un débat déjà bien engagé à l’échelle européenne.
Au cœur des préoccupations : la vulnérabilité accrue des mineurs face aux contenus inappropriés, aux discours de haine et aux mécanismes d’addiction liés aux algorithmes et aux jeux.
Dans ce contexte, le Parlement européen a adopté un rapport recommandant l’instauration d’un âge minimum de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux. Le texte propose également que les adolescents âgés de 13 à 16 ans ne puissent y accéder qu’avec l’accord parental, tout en appelant à la mise en place d’un système harmonisé de vérification de l’âge à l’échelle européenne.
Plusieurs États membres ont déjà engagé des réformes concrètes. La France envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, tandis que la Pologne prévoit de bannir les téléphones portables dans les écoles dès septembre. En Grèce, une application de contrôle parental est déjà en vigueur, et le Danemark comme l’Irlande travaillent sur des cadres législatifs similaires. D’autres pays, tels que l’Allemagne, l’Italie ou l’Autriche, renforcent progressivement leurs dispositifs.
Ces initiatives suscitent toutefois des critiques, notamment de la part de figures du secteur technologique comme Elon Musk et Pavel Durov, qui dénoncent des atteintes potentielles aux libertés numériques. Madrid assume néanmoins sa ligne, estimant nécessaire de réguler un espace devenu, selon Pedro Sánchez, « incontrôlable ».
Pour de nombreux responsables européens, dont l’eurodéputé Barry Andrews, un renforcement de l’application du Digital Services Act apparaît indispensable. L’objectif est clair : mieux protéger les mineurs dans un environnement numérique en pleine mutation, sans compromettre l’équilibre entre innovation et sécurité.

