Des milliers de Péruviens manifestent contre une fraude présumée à la présidentielle

Plus de 3 000 personnes ont manifesté dimanche dans les rues de Lima à l’appel du candidat ultraconservateur Rafael López Aliaga, pour dénoncer une supposée fraude lors de l’élection présidentielle péruvienne du 13 avril. Ce scrutin, déjà marqué par des dysfonctionnements logistiques, plonge le pays dans une incertitude politique persistante.

Rassemblés à proximité du siège du Bureau national des processus électoraux (ONPE), les protestataires ont scandé des slogans tels que « Non à la fraude, respectez le vote », brandissant pancartes et banderoles. Cette mobilisation intervient alors qu’une semaine après le premier tour, l’identité des deux candidats qualifiés pour le second tour demeure inconnue.

Selon les résultats partiels portant sur 93,4 % des procès-verbaux dépouillés, la candidate de droite Keiko Fujimori arrive en tête avec 17 % des suffrages. Elle est suivie de près par le candidat de gauche radicale Roberto Sánchez (12 %) et Rafael López Aliaga (11,9 %), dans un écart extrêmement serré qui alimente les tensions.

Ancien maire de Lima, M. López Aliaga s’impose comme le principal contestataire du processus électoral. Il réclame l’annulation du scrutin et a même promis une récompense de 5 800 dollars à quiconque fournirait des preuves d’irrégularités. « Ils volent notre pays », a-t-il affirmé devant ses partisans, dénonçant une manipulation qu’il juge sans précédent dans l’histoire du Pérou.

Malgré ces accusations, la mission d’observation de l’Union européenne a indiqué ne disposer d’aucun élément probant attestant d’une fraude. Néanmoins, une partie de la population continue de remettre en cause la transparence du dépouillement.

Dans ce climat tendu, le parquet et la police ont mené des perquisitions au sein de l’ONPE. Son directeur, Piero Corvetto, ainsi que trois autres responsables, font l’objet d’enquêtes pour des délits électoraux présumés, ajoutant une nouvelle dimension à une crise déjà profonde.