Abelardo de la Espriella affrontera Ivan Cepeda au second tour de l’élection présidentielle en Colombie

La Colombie s’apprête à vivre un second tour présidentiel particulièrement polarisé alors que les électeurs sont appelés aux urnes le 21 juin, pour t départager Ivan Cepeda, figure de la gauche et allié du président sortant Gustavo Petro, et Abelardo de l’Espriella, avocat millionnaire de la droite radicale qui fait de la sécurité son principal cheval de bataille.

Arrivé en deuxième position au premier tour, Ivan Cepeda, 63 ans, sénateur, philosophe et défenseur des droits humains, apparaît comme l’héritier politique de Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire du pays. 

Fils d’un sénateur communiste assassiné dans les années 1990 par des policiers liés à des groupes paramilitaires, il a connu l’exil à plusieurs reprises avant de revenir en Colombie pour défendre les victimes du conflit armé.

Acteur majeur du processus de paix ayant conduit au désarmement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) en 2016, il a également contribué à la stratégie de « paix totale » portée par le gouvernement Petro. Durant sa campagne, il a défendu la poursuite des réformes sociales engagées ces dernières années, notamment en matière de redistribution des richesses et d’amélioration des conditions de vie. 

Admirateur de Gandhi, il se présente comme un réformateur favorable à un « capitalisme productif » et rejette les accusations de proximité idéologique avec les anciennes guérillas.

Face à lui, Abelardo de la Espriella, 47 ans, incarne une droite conservatrice et sécuritaire. Avocat d’affaires prospère, possédant les nationalités colombienne et américaine, il se présente comme un candidat antisystème déterminé à rompre avec la classe politique traditionnelle. Admirateur des présidents Donald Trump, Nayib Bukele et Javier Milei, il promet une lutte sans concession contre les groupes armés et le narcotrafic.

Parmi ses propositions figurent un renforcement de la coopération militaire avec les États-Unis et Israël, la construction de méga-prisons et une réduction significative de la taille de l’État. Malgré plusieurs polémiques liées à certaines de ses déclarations jugées sexistes ou homophobes, sa popularité est restée intacte.

Ce second tour met ainsi aux prises deux projets radicalement différents pour l’avenir de la Colombie : l’un misant sur la poursuite des réformes sociales et du dialogue, l’autre sur l’autorité, la sécurité et une profonde restructuration de l’État.