Deux Chinois ouïghours condamnés à mort pour l’attentat le plus meurtrier de Thaïlande

La justice thaïlandaise a condamné à mort, jeudi, deux ressortissants chinois ouïghours reconnus coupables d’avoir orchestré l’attentat le plus meurtrier de l’histoire récente du royaume. L’attaque, perpétrée le 17 août 2015 contre le sanctuaire hindou d’Erawan, au cœur de Bangkok, avait causé la mort de 20 personnes et fait plus d’une centaine de blessés.

Les accusés, Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed, ont été déclarés coupables d’avoir déposé un engin explosif dans l’enceinte du site religieux, très fréquenté par les touristes et les fidèles. Selon les éléments retenus par le tribunal, la bombe, dissimulée dans un sac à dos, a explosé en pleine affluence, provoquant une scène de chaos au milieu des débris et des véhicules détruits. Parmi les victimes figuraient sept touristes chinois.

À l’issue du procès, l’un des magistrats a estimé que les deux hommes avaient commis un acte portant gravement atteinte à la sécurité nationale et à l’ordre public. Les accusés, qui ont toujours contesté leur implication, ont annoncé leur intention de faire appel. À l’énoncé du verdict, Yusufu Mieraili a réaffirmé son innocence.

Les deux hommes ont toutefois été acquittés dans un dossier distinct lié à une explosion survenue le même jour près d’un embarcadère de Bangkok, qui n’avait fait aucune victime.

L’affaire s’est déroulée dans un contexte géopolitique sensible. L’attentat était intervenu quelques semaines après l’expulsion vers la Chine de 109 Ouïghours par les autorités thaïlandaises, alimentant les spéculations sur un possible acte de représailles. Les relations croissantes entre Bangkok et Pékin avaient alors suscité de vives réactions au sein des organisations de défense des droits humains.

Ouvert en 2016, le procès a connu de nombreux retards avant d’aboutir à ce verdict. Pékin a salué la décision de justice, qualifiant l’attaque d’acte d’une « cruauté extrême ». Malgré le temps écoulé, le sanctuaire d’Erawan demeure l’un des lieux les plus visités de Bangkok, symbole à la fois de recueillement et du souvenir d’une tragédie qui a profondément marqué la Thaïlande.