La situation sécuritaire continue de se dégrader en Haïti, où la violence des gangs a déjà fait plus de 2.300 morts depuis le début de l’année, d’après un bilan alarmant présenté ce lundi 15 juin par le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, qui a également fait état de plus de 1.100 blessés et 99 enlèvements durant la même période.
Depuis plusieurs années, ce pays des Caraïbes, considéré comme le plus pauvre du continent américain, est confronté à une montée en puissance des groupes criminels armés. Ces derniers sont accusés de commettre de multiples exactions, notamment des homicides, des violences sexuelles, des pillages et des enlèvements, plongeant une grande partie de la population dans une insécurité chronique.
Face à cette situation, Volker Türk a exhorté les autorités haïtiennes à agir sans délai afin de renforcer les institutions judiciaires et de lutter efficacement contre l’impunité. Selon lui, le rétablissement de l’État de droit constitue une condition essentielle pour enrayer la spirale de violence qui frappe le pays.
Dans le même temps, la communauté internationale tente de réorganiser son dispositif de soutien sécuritaire. En septembre dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé le remplacement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) par une nouvelle Force de répression des gangs (FRG). Cette mission pourra mobiliser jusqu’à 5 500 personnels en uniforme, incluant à la fois des policiers et des militaires.
Le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a souligné l’urgence du déploiement de cette force, tout en rappelant que ses opérations devront être conduites dans le strict respect du droit international et des droits humains. La MMAS, dirigée par le Kenya, a achevé son retrait de Haïti fin avril dernier, avec le départ de son dernier contingent de policiers qui était déployé dans ce pays.
Selon les Nations unies, la nouvelle force sera déployée progressivement au cours des prochains mois à Haïti et devrait notamment intégrer quelque 1.500 militaires tchadiens. Les observateurs internationaux espèrent que cette initiative contribuera à restaurer un minimum de stabilité dans un pays confronté à l’une des plus graves crises sécuritaires de son histoire récente.

