Une étape importante du processus de paix en Colombie a été franchie jeudi dans le département du Putumayo, au sud du pays, où des membres de la Coordination nationale Armée bolivarienne (CNEB), groupe dissident issu des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), ont procédé à un dépôt symbolique de leurs armes dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement du président Gustavo Petro.
La cérémonie s’est déroulée sous la supervision d’organisations internationales ainsi que de représentants de l’Église catholique. Les combattants concernés ont rejoint une zone de regroupement spécialement aménagée sur d’anciennes terres dédiées à la culture de coca.
Placée sous surveillance militaire, cette zone doit les accueillir pendant une période de dix mois, au terme de laquelle un désarmement définitif est prévu et leur statut juridique devra être clarifié.
Le CNEB demeure à ce jour, la seule organisation armée à poursuivre activement les négociations engagées dans le cadre de la politique de «paix totale» lancée par Gustavo Petro dès son arrivée au pouvoir en 2022.
Les pourparlers avec l’Armée de libération nationale (ELN), d’autres dissidences des FARC ainsi que plusieurs groupes criminels liés au narcotrafic ont, en revanche, été suspendus ou interrompus.
Selon les estimations officielles, le CNEB compte entre 2.000 et 2.500 membres. Le mouvement est dirigé par Walter Mendoza, ancien commandant des FARC signataire de l’accord de paix historique de 2016, avant son retour à la lutte armée en 2019.
Cette avancée constitue le résultat le plus tangible obtenu jusqu’à présent dans le cadre de la stratégie de réconciliation nationale portée par le gouvernement colombien. Elle intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle.
Ce scrutin opposera le sénateur de gauche, Ivan Cepeda, partisan de la poursuite des négociations avec les groupes armés, au candidat conservateur, Abelardo de La Espriella, favorable à une ligne de dissuasion plus ferme.
Une éventuelle alternance politique pourrait remettre en question le processus engagé avec le CNEB, ainsi que les mesures judiciaires exceptionnelles accordées aux combattants impliqués dans les négociations de paix.

