La Chine a annoncé une série de sanctions visant plusieurs entreprises américaines opérant dans les secteurs de la défense, de l’aéronautique et des technologies stratégiques, marquant un nouveau regain de tensions entre Pékin et Washington malgré les récents efforts diplomatiques engagés entre les deux puissances depuis la dernière visite, il y a près d’un mois, du président américain, Donald Trump à Pékin, laquelle visite avait été présentée comme un début de stabilisation des relations bilatérales.
Les autorités chinoises qualifient leurs sanctions comme une réponse directe aux mesures prises récemment par le département américain de la Défense à l’encontre de plusieurs groupes chinois.
Il y a deux semaines, le Pentagone a actualisé sa liste des entreprises considérées comme liées au complexe militaro-industriel chinois. Parmi les nouvelles entités ajoutées figurent notamment les géants technologiques chinois Alibaba et Baidu, ainsi que le constructeur de véhicules électriques BYD. Washington estime que ces sociétés entretiennent, directement ou indirectement, des liens avec les capacités militaires chinoises.
En représailles, le ministère chinois du Commerce a annoncé l’inscription de dix entreprises et organisations américaines sur une liste de restrictions portant sur les biens à double usage, susceptibles d’avoir des applications à la fois civiles et militaires. Les sociétés concernées ne pourront plus recevoir de produits ou de technologies d’origine chinoise relevant de cette catégorie. Parmi les entreprises visées figurent notamment AVEOX et Red Cat.
Dans un communiqué, Pékin a dénoncé ce qu’il qualifie d’« acte inadmissible » de la part du gouvernement américain et a affirmé défendre ses intérêts économiques et sécuritaires face à des mesures jugées discriminatoires.
Parallèlement, les autorités chinoises ont adopté une autre série de restrictions touchant les marchés publics. Le ministère des Finances a annoncé l’interdiction pour les administrations centrales et locales d’acquérir des produits fabriqués par 46 entreprises américaines. Cette mesure concerne notamment plusieurs filiales de Lockheed Martin, Raytheon ainsi que la branche espace, défense et sécurité du groupe Boeing.
Cette nouvelle escalade illustre la persistance des rivalités stratégiques entre les deux premières puissances économiques mondiales, malgré les récentes tentatives de rapprochement diplomatique.

