L’ONU met en garde contre l’aggravation de la crise humanitaire dans la bande de Gaza

L’Organisation des Nations unies (ONU) a lancé mardi un nouvel avertissement sur la détérioration rapide de la situation humanitaire dans la bande de Gaza, où près de 1,7 million de Palestiniens déplacés, soit environ 80 % de la population, vivent dans des conditions extrêmement précaires.

Lors d’un point de presse, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, s’appuyant sur les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a indiqué que ces déplacés sont répartis sur près de 1 600 sites d’accueil confrontés à de graves pénuries d’eau potable, d’abris et de services essentiels. Il a également souligné que les bombardements, tirs, frappes aériennes et opérations militaires continuent de faire des victimes civiles à travers l’enclave palestinienne.

Dujarric a par ailleurs relayé une annonce de l’UNICEF faisant état de la mort d’une adolescente de 17 ans, engagée dans le programme « Youth Champions » de l’agence onusienne. La jeune fille a été tuée alors qu’elle se rendait à un examen de fin d’études secondaires. « Les civils, y compris les enfants, doivent toujours être protégés », a-t-il rappelé.

Une récente évaluation des sites de déplacement révèle une situation particulièrement préoccupante. Plus de 59 000 abris individuels hébergent chacun plus de huit personnes, tandis qu’environ 38 500 déplacés sont contraints de dormir à même le sol, à l’air libre. Selon les estimations de l’ONU, quelque 600 000 personnes n’ont pas un accès suffisant à l’eau potable.

Le rapport met également en lumière de graves problèmes sanitaires : la moitié des sites ne disposent d’aucun système de drainage visible, près de la moitié signalent des risques d’incendie, et des infestations de rongeurs ont été recensées dans 80 % des zones évaluées. Des eaux usées à ciel ouvert ainsi que d’importantes accumulations de déchets ont été observées dans plus de la moitié des sites.

Dans ce contexte, l’ONU continue d’alerter sur l’urgence d’un accès humanitaire accru afin de répondre aux besoins croissants de la population civile de Gaza.