Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez dément toute « corruption généralisée » autour de son gouvernement

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a fermement rejeté, mercredi devant le Parlement, les accusations de « corruption généralisée » visant son gouvernement et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), dans un contexte marqué par la multiplication des procédures judiciaires touchant plusieurs membres de son entourage politique et familial.

Lors d’une intervention solennelle devant les députés à Madrid, le chef du gouvernement a dénoncé les tentatives de certains acteurs politiques et médiatiques de fusionner différentes affaires afin de créer, selon lui, « un sentiment de corruption généralisée qui n’existe pas ». Le dirigeant socialiste de 54 ans a assuré n’avoir « jamais eu connaissance ni toléré » de pratiques illégales, mettant en avant les mesures de lutte contre la corruption engagées depuis son arrivée au pouvoir en 2018.

Cette prise de parole intervient alors que l’exécutif traverse l’une des périodes les plus délicates de son mandat. Lundi, l’ancien ministre des Transports et ex-figure du PSOE, José Luis Ábalos, a été condamné à 24 ans de prison dans une affaire de corruption. Quelques jours auparavant, l’épouse du Premier ministre, Begoña Gómez, s’est vu imposer une interdiction de quitter le territoire espagnol dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence. Elle doit également remettre son passeport aux autorités judiciaires et se présenter régulièrement devant la justice.

Pedro Sánchez a dénoncé des mesures qu’il juge « disproportionnées », tout en réaffirmant sa confiance dans les institutions. Parallèlement, son frère fait également l’objet d’une procédure judiciaire pour trafic d’influence, tandis que l’ancien chef du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero est mis en cause dans une affaire liée à l’octroi d’un prêt public de 53 millions d’euros à la compagnie aérienne Plus Ultra durant la pandémie.

Malgré ces turbulences, le Premier ministre a assuré vouloir poursuivre son mandat jusqu’au terme de la législature en 2027. L’opposition, menée par Alberto Núñez Feijóo du Parti populaire et Santiago Abascal de Vox, a toutefois renouvelé ses appels à la dissolution du Parlement et à l’organisation d’élections anticipées, estimant que la succession des scandales fragilise durablement la crédibilité de l’exécutif.