La candidate conservatrice, Keiko Fujimori a été officiellement proclamée présidente élue du Pérou à l’issue d’un second tour particulièrement disputé, marquant le retour du fujimorisme au pouvoir plus de deux décennies après la fin du mandat de son père, Alberto Fujimori.
Selon les résultats définitifs publiés par l’Office national des processus électoraux (ONPE), elle a obtenu 50,13 % des suffrages, contre 49,86 % pour son adversaire de gauche, Roberto Sánchez, soit un écart d’environ 50.000 voix.
Après plus de trois semaines d’attente avant la proclamation officielle des résultats, Keiko Fujimori, 51 ans, s’est engagée à gouverner dans un esprit de dialogue et d’ouverture. Elle a affirmé que « les portes du dialogue » resteraient ouvertes à son rival ainsi qu’aux différentes forces politiques représentées au Congrès. Sur le réseau social X, elle a également assuré que le Pérou s’engageait désormais sur « la voie de l’ordre et de l’espoir ».
Ce scrutin, considéré comme l’un des plus serrés de l’histoire récente de l’Amérique latine, intervient dans un contexte de profonde instabilité politique. Depuis 2016, le Pérou a vu se succéder huit présidents, au rythme de crises institutionnelles répétées. Plus de 18 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dans le cadre d’un vote obligatoire.
La lutte contre l’insécurité figurera parmi les principaux défis de la nouvelle présidente. Durant sa campagne, Keiko Fujimori a promis de renforcer la lutte contre les extorsions et les assassinats commandités, alors que près de sept Péruviens sur dix souhaitent voir la criminalité érigée en priorité nationale. Des experts estiment toutefois que des résultats rapides en la matière, seront difficiles à obtenir malgré l’urgence de la situation.
La victoire de Keiko Fujimori consolide également la progression des forces conservatrices en Amérique Latine. La passation de pouvoir avec le président par intérim, José Maria Balcazar, est prévue le 28 juillet, date à laquelle Keiko Fujimori entamera un mandat de cinq ans.

