La Russie confrontée à une grave pénurie de carburant

La Russie, grand producteur de gaz et de pétrole, est actuellement confrontée à une pénurie de carburant qui s’étend désormais à plusieurs régions du pays, poussant les autorités russes à multiplier les mesures d’urgence pour contenir une crise aux répercussions croissantes sur l’économie nationale. 

Longtemps limitée à certaines zones, la tension sur l’approvisionnement en carburant est désormais perceptible jusque dans la capitale, Moscou, où les stations-service enregistrent une forte affluence et éprouvent des difficultés à répondre à la forte demande des automobilistes.

La situation est particulièrement critique dans le sud du pays, notamment dans la région de Krasnodar. Cette importante zone agricole, en pleine période de récoltes, fait face à une demande accrue de carburant, amplifiée par l’arrivée de nombreux habitants de Crimée venus s’y approvisionner.

À plusieurs milliers de kilomètres du front ukrainien, la Sibérie est également touchée par cette pénurie. En Yakoutie, les autorités ont instauré un rationnement limitant les achats à 30 litres d’essence et 200 litres de diesel par véhicule, tout en interdisant le remplissage de bidons supplémentaires.

La région d’Irkoutsk, au bord du lac Baïkal, apparaît comme l’un des principaux foyers de la crise. Placée en « alerte renforcée », elle a adopté des mesures exceptionnelles destinées à limiter les déplacements, notamment en encourageant le télétravail. Des toilettes mobiles ont été installées le long des longues files d’attente devant les stations-service, tandis que des patrouilles de police ont été déployées pour lutter contre la revente illégale de carburant. Plusieurs personnes ont déjà été interpellées pour spéculation.

Les conséquences se font sentir dans l’ensemble de l’économie. Les chauffeurs de taxi réduisent leurs trajets et augmentent leurs tarifs, tandis que les entreprises de transport et de logistique, en particulier les petites structures, peinent à assurer leurs activités dans un contexte déjà marqué par un alourdissement de la fiscalité des PME depuis le début de l’année.

Face à cette situation, le Kremlin a indiqué que des discussions étaient en cours avec plusieurs pays sans les citer  nommément, afin d’importer du carburant. 

Parallèlement, les autorités de Moscou étudient la possibilité d’autoriser temporairement la commercialisation du carburant de type E2, interdit depuis 2013 en raison de sa qualité inférieure et de son impact potentiellement nocif sur les moteurs modernes ainsi que sur l’environnement.