Le président salvadorien, Nayib Bukele à deux pas d’un troisième mandat consécutif, après sa victoire aux primaires

Le président salvadorien, Nayib Bukele a été désigné lundi, candidat du parti au pouvoir, NuevasIdeas, à l’élection présidentielle de 2027, à l’issue des primaires de la formation politique. 

Cette investiture ouvre la voie à la candidature du président sortant pour un troisième mandat consécutif, rendue possible par une réforme constitutionnelle adoptée en 2025, qui autorise désormais la réélection présidentielle sans limitation du nombre des mandats.

L’annonce de sa victoire aux élections internes a été faite par le parti sur les réseaux sociaux. Cette nouvelle étape dans le parcours politique de Bukele intervient dans un contexte de profondes divisions entre ses partisans, qui saluent son bilan en matière de sécurité, et ses détracteurs, qui dénoncent une concentration croissante des pouvoirs entre les mains du président et un recul des garanties démocratiques.

Arrivé au pouvoir en 2019, Nayib Bukele demeure l’un des dirigeants les plus populaires d’Amérique latine. Les enquêtes d’opinion lui attribuent un taux d’approbation avoisinant les 90 %, largement porté par sa politique de lutte contre les gangs criminels qui, durant des décennies, avaient fait du Salvador l’un des pays les plus violents au monde. Selon les données officielles, le taux d’homicides est passé de 53,1 pour 100.000 habitants en 2018 à 1,9 en 2024, soit une baisse de 98 %.

Cette amélioration de la sécurité s’est toutefois accompagnée de mesures d’exception. Depuis 2022, le pays est soumis à un état d’urgence renouvelé de manière continue, suspendant plusieurs garanties constitutionnelles. Plus de 118.000 personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette politique sécuritaire, dont un grand nombre incarcéré sans procès, selon des organisations de défense des droits humains.

Des ONG internationales, dont Human Rights Watch et Cristosal, accusent les autorités salvadoriennes de graves violations des droits humains, évoquant des cas de disparitions forcées, de torture, d’exécutions extrajudiciaires et de violences sexuelles, notamment dans les méga-prisons construites sous l’administration Bukele. 

Soutenu par le président américain, Donald Trump, le dirigeant salvadorien a également renforcé sa coopération avec Washington sur les questions migratoires. 

Bukele devra déposer officiellement sa candidature auprès du Tribunal électoral suprême entre le 1er octobre et le 19 novembre, en vue du scrutin présidentiel prévu le 28 février 2027.