Les États-Unis ont annoncé le lancement des premières opérations dans des « zones pilotes » du sud du Liban, ouvrant une nouvelle phase dans la mise en œuvre de l’accord-cadre conclu fin juin entre Beyrouth, Israël et Washington.
Les villages de Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya ont été retenus pour ce déploiement expérimental des soldats libanais, destiné à préparer le retrait progressif des forces israéliennes et le renforcement de la présence de l’armée libanaise dans ces localités.
Le Département d’État américain a indiqué dans un communiqué, que cette initiative est menée conformément à l’accord-cadre trilatéral et sous la supervision du Groupe militaire de coordination pour le Liban.
Washington présente cette étape comme le prolongement direct des discussions tenues la semaine précédente à Rome entre responsables israéliens et libanais, dans le cadre d’un cycle de négociations soutenu par les États-Unis depuis le mois d’avril dernier.
Sur le terrain, l’armée libanaise affirme avoir intensifié le déploiement de ses patrouilles dans plusieurs localités du Sud, notamment à Froun et Srifa, tout en précisant que la coordination se poursuit en vue d’un déploiement à Zawtar al-Gharbiya dès le retrait des forces israéliennes. Les autorités militaires libanaises ont également appelé les habitants à éviter les zones concernées jusqu’à nouvel ordre afin de garantir leur sécurité.
Toutefois, plusieurs sources locales font état d’une situation inchangée. Les maires de Froun et de Srifa ont indiqué n’avoir constaté aucune évolution concrète, tandis que des sources sécuritaires confirment que les forces israéliennes demeurent positionnées à la périphérie de Zawtar al-Gharbiya. Selon des responsables israéliens, un premier retrait devrait intervenir dans les prochains jours, sans dévoiler un calendrier précis de cet éventuel retrait.
Signé le 26 juin après plusieurs rounds de négociations, l’accord-cadre prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du Sud du Liban en contrepartie du déploiement exclusif de l’armée libanaise et du démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah dans les zones évacuées. Le mouvement chiite, soutenu par l’Iran, rejette toutefois cet accord et exige un retrait israélien sans conditions préalables.
Cette initiative intervient dans un contexte de cessez-le-feu toujours fragile entre Israël et le Hezbollah. Malgré les efforts diplomatiques engagés par Washington, les échanges de tirs se poursuivent de part et d’autre de la frontière entre Israël et le Liban, alimentant les incertitudes quant à la stabilité durable dans le Sud libanais et à l’application effective dudit accord-cadre.

