Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé, mercredi 5 août, sa vive inquiétude face à l’augmentation du nombre des exécutions en Iran, dénonçant une intensification du recours à la peine capitale, notamment dans les affaires liées à la sécurité nationale et aux manifestations antigouvernementales qui ont secoué le pays au début de cette ‘année.
Selon un communiqué, le Haut Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk révèle qu’au moins 56 personnes ont été exécutées depuis le 19 mars dernier pour des accusations relevant de la sécurité nationale et 27 autres avaient été condamnées dans des dossiers liés aux manifestations ayant éclaté à la fin du mois de décembre 2025 avant d’atteindre leur point culminant les 8 et 9 janvier 2026.
Les premières exécutions associées à ce mouvement de contestation avaient été annoncées le 19 mars dernier, lorsque les autorités iraniennes avaient indiqué avoir pendu trois hommes reconnus coupables du meurtre de policiers durant les manifestations.
Par ailleurs, le Haut Commissariat des Nations Unies estime que plus d’une centaine d’autres condamnés risquent également d’être exécutés pour ces mêmes chefs d’accusation.
Le HCDH souligne d’autre part, que les exécutions pour des infractions liées aux stupéfiants continuent d’être appliquées en Iran, à un rythme jugé préoccupant.
Cette recrudescence des exécutions intervient dans un contexte de fortes tensions conflictuelles depuis le déclenchement, le 28 février, des frappes américano-israéliennes contre l’Iran suivies de ripostes iraniennes.
Volker Türk s’est déclaré «alarmé» par l’augmentation des condamnations à mort et des exécutions depuis le mois de mars 2026, estimant que la peine capitale est utilisée pour « semer la peur » et réprimer les voix dissidentes.
Il a également mis en cause le fonctionnement du système judiciaire iranien, évoquant de graves insuffisances en matière de garanties d’un procès équitable.
Le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme évoque aussi les allégations faisant état d’aveux obtenus sous la torture ou d’autres mauvais traitements, de condamnations prononcées à l’issue de procédures expéditives ainsi que d’exécutions publiques.
Il a enfin exhorté les autorités iraniennes à suspendre immédiatement toutes les exécutions et à engager un processus conduisant à l’abolition de la peine de mort dans le pays.
Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, l’Iran demeure le deuxième pays au monde ayant le plus recours à la peine capitale, derrière la Chine.

