Italie : Huit suspects arrêtés dans le démantèlement d’un réseau d’immigration clandestine

Les autorités italiennes ont annoncé, jeudi, l’interpellation de huit personnes fortement soupçonnées d’appartenir à une organisation criminelle transnationale spécialisée dans le trafic de migrants entre l’Algérie, l’Italie et la France.

L’opération, conduite à Cagliari, en Sardaigne, a mobilisé plus d’une centaine de policiers appuyés par des unités spécialisées de la Polizia di Stato (police d’Etat).

Selon les premiers éléments de l’enquête, les suspects auraient mis en place un système structuré destiné à organiser des traversées maritimes clandestines entre les côtes algériennes et l’île italienne de Sardaigne. Les investigations ont permis de documenter au moins cinq passages irréguliers et d’identifier les passeurs présumés impliqués dans ces opérations.

Les enquêteurs estiment que le réseau était dirigé par un demandeur d’asile algérien installé dans la région de Cagliari. Ce dernier aurait coordonné le recrutement de migrants ainsi que de pilotes d’embarcations en Algérie, supervisé les paiements des traversées et assuré l’organisation logistique des départs.

L’enquête a également mis en évidence l’existence d’un réseau reliant El Kala, en Algérie, à Cagliari, en Italie, puis à Marseille, en France, illustrant le caractère transnational des activités présumées des passeurs.

Les autorités italiennes indiquent par ailleurs, que les suspects identifiés exploitaient un système de falsification de documents administratifs. De faux justificatifs de demande d’asile auraient été vendus pour environ 150 euros afin de permettre à des ressortissants étrangers de séjourner ou de circuler illégalement sur le territoire italien. Selon les estimations des enquêteurs italiens, chaque migrant déboursait près de 2.500 euros pour rejoindre l’Italie.

Les investigations ont également révélé un projet de trafic de stupéfiants, finalement abandonné, portant sur l’acheminement d’environ 500 kilogrammes de haschisch et 10 kilogrammes de cocaïne depuis l’Espagne à l’aide de bateaux pneumatiques rapides de type « Phantom ». Cette découverte renforce les soupçons des autorités italiennes quant à la diversification des activités criminelles attribuées au réseau épinglé.