Les États-Unis et la Corée du Sud ont entamé lundi 17 août, leurs exercices militaires conjoints annuels, sur fond de divergences entre Washington et Séoul concernant l’ampleur de la participation américaine à ces manœuvres.
Le président américain, Donald Trump a annoncé dimanche, son intention de réduire «considérablement» l’engagement des forces armées américaines dans ces manœuvres, qu’il juge coûteuses et inadaptées au contexte actuel.
Baptisés « Ulchi Freedom Shield », les exercices devaient initialement mobiliser quelque 18.000 militaires sud-coréens ainsi que des éléments du contingent américain stationné en Corée du Sud, qui compte environ 28.500 soldats. Malgré les déclarations de Donald Trump, le ministère sud-coréen de la Défense a confirmé le lancement des manœuvres «comme prévu».
Ce n’est pas la première fois que le président des Etats-Unis remet en question ces exercices. Lors de son premier mandat en 2018, il avait déjà qualifié les manœuvres militaires conjointes de «jeux de guerre provocateurs». Sept ans plus tard, sa position ravive les interrogations sur l’évolution de la coopération militaire entre Washington et Séoul.
Donald Trump a notamment estimé que ces exercices envoyaient un signal « totalement inapproprié et hostile » à la Corée du Nord. Il a également affirmé que Pyongyang s’était montré depuis son retour à la Maison Blanche « non menaçant et respectueux » envers les USA.
Le président américain a par ailleurs mis en avant ses relations avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, qu’il avait rencontré à plusieurs reprises lors de son premier mandat.
Sur le terrain, toutefois, les forces américaines et sud-coréennes continuent d’adapter leur entraînement à l’évolution des capacités militaires nord-coréennes.
Les exercices américano-sud-coréens doivent notamment intégrer les enseignements tirés de l’engagement de soldats nord-coréens aux côtés de la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, notamment dans les domaines des drones, de la guerre électronique, du brouillage GPS et des cyber-opérations.
Pyongyang qui dispose de l’arme nucléaire et poursuit son programme balistique, considère régulièrement ces manœuvres comme une préparation à une éventuelle invasion de son territoire. La Corée du Nord de nouveau, dénoncées les avancés militaires nord-coréennes et menacé de renforcer ses mesures de dissuasion.
Dans ce contexte, Séoul défend une approche plus ouverte au dialogue et son président, Lee Jae Myung a proposé des discussions avec Pyongyang sans conditions préalables.
Mais une éventuelle réduction des exercices conjoints pourrait, selon certains analystes, fragiliser la capacité de dissuasion de l’alliance américano-sud-coréenne en Asie.

