L’Italie prolonge la baisse de la taxe sur le diesel face à la hausse des coûts du carburant

Le gouvernement italien a décidé de prolonger jusqu’au 5 septembre, la réduction des droits d’accise sur le diesel, afin d’atténuer les effets de la hausse des prix des carburants sur les ménages et les entreprises.

Cette mesure, annoncée mercredi, s’inscrit dans la stratégie de l’exécutif de Giorgia Meloni pour limiter les conséquences économiques de la hausse des cours du pétrole.

La prolongation de cet allègement fiscal devrait toutefois entraîner une perte de recettes publiques estimée à environ 130 millions d’euros, selon les médias italiens. Désormais limitée au diesel, la mesure maintient une réduction d’environ 17 centimes d’euro par litre jusqu’à son échéance prévue.

Depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran en février dernier, le gouvernement italien a reconduit à plusieurs reprises des réductions fiscales sur les carburants. La hausse des tensions géopolitiques et ses répercussions sur le marché pétrolier international ont contribué à renchérir les coûts de l’énergie, accentuant la pression sur les consommateurs comme sur les entreprises.

Les secteurs du transport routier et de l’agriculture figurent parmi les plus impactés par cette évolution des cours du pétrole, leur activité dépendant largement du diesel. Pour l’exécutif de droite dirigé par Giorgia Meloni, l’enjeu consiste à préserver le pouvoir d’achat tout en évitant que la hausse des coûts énergétiques ne freine davantage la croissance et la compétitivité de l’économie italienne.

La question prend également une dimension politique à l’approche des élections législatives prévues l’année prochaine. L’opposition reproche au gouvernement de ne pas agir suffisamment face à la hausse du coût de la vie, tandis que les organisations patronales redoutent un affaiblissement de la compétitivité des entreprises italiennes.

Le gouvernement Meloni envisage néanmoins, à l’expiration du dispositif actuel, de privilégier des aides ciblées aux ménages les plus modestes plutôt qu’une réduction fiscale généralisée.

Selon la Confédération italienne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises, la CNA, les conséquences économiques du conflit pourraient coûter près de 12 milliards d’euros à l’Italie. L’organisation estime à 11,6 milliards d’euros les dépenses supplémentaires en carburant, électricité et gaz entre le 1er mars et le 31 août 2026, dont environ 5,8 milliards liés au seul surcoût de l’essence et du diesel.