Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a estimé vendredi 28 août, qu’une reprise du dialogue diplomatique entre Téhéran et Washington restait envisageable, à condition que les États-Unis modifient leur approche à l’égard de la République islamique, une déclaration qui intervient à l’issue de ses discussions à Téhéran, avec le Premier ministre et ministre qatari des Affaires étrangères, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, reçu en tant que médiateur.
Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de la diplomatie iranienne a fait état de « discussions créatives » avec son homologue qatari, affirmant que la possibilité de «remettre la diplomatie sur les rails n’était pas impossible», tout en soulignant que l’avenir d’un éventuel dialogue dépendrait, selon lui, de l’attitude adoptée par Washington.
« Cela dépend de la compréhension par les États-Unis d’un fait simple : la pression ne fonctionne pas », a insisté le ministre iranien, Abbas Araghchi qui a également appelé les autorités américaines à instaurer un climat de confiance, à engager le dialogue « avec respect », à reconnaître les droits de l’Iran et à honorer leurs engagements.
La visite du chef de la diplomatie qatarie, hier jeudi à Téhéran, s’inscrit dans la poursuite des efforts de médiation menés par Doha afin de contribuer à l’apaisement des tensions entre l’Iran et les États-Unis au Moyen-Orient.
Au cours de son déplacement, Cheikh Mohammed s’est également entretenu avec le président iranien, Massoud Pezeshkian, ainsi qu’avec le président du Parlement, Mohammad Bagher Qalibaf et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaei.
Les échanges ont notamment porté sur les moyens de créer des conditions favorables à une reprise du dialogue. Les discussions ont également abordé une proposition relative à la mise en place d’un corridor maritime conjoint temporaire dans le détroit d’Ormuz, ainsi que la conduite d’opérations de déminage.
Il s’agit de la première visite du ministre qatari des Affaires étrangères en Iran depuis le début du conflit USA-Iran, marqué par de premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, à la fin du mois de février dernier.
Dans un contexte régional particulièrement tendu, l’initiative de Doha confirme la volonté des médiateurs du Qatar de maintenir ouverts les canaux diplomatiques et de favoriser les conditions d’une désescalade.

