L’Islande rejette la reprise des négociations autour de son adhésion à l’Union européenne

Le gouvernement islandais a annoncé ce dimanche 30 août, qu’il respecterait le résultat du référendum au cours duquel les électeurs ont rejeté la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, tout en réaffirmant sa volonté de maintenir une coopération étroite avec Bruxelles dans le cadre des accords déjà en vigueur.

Selon les résultats définitifs publiés par le radiodiffuseur public RUV, le « Non » s’est imposé avec 52,8 % des suffrages, contre 47,2 % pour le « Oui ». La consultation a été marquée par une forte mobilisation, avec un taux de participation de 82,5 %, supérieur aux 80,2 % enregistrés lors des élections législatives de 2024.

Lors d’une conférence de presse organisée à Reykjavik, la capitale, la Première ministre islandaise, Kristrun Frostadottir a salué cette importante participation et assuré que son gouvernement respecterait pleinement le verdict des urnes. Compte tenu du faible écart entre les deux camps, elle a également insisté sur la nécessité de prendre en considération les sensibilités exprimées de part et d’autre.

La cheffe du gouvernement a affirmé que ce résultat ne devait pas être interprété comme un recul dans les relations entre l’Islande et l’Union européenne. Son exécutif entend désormais concentrer ses efforts sur le renforcement de la coopération existante, notamment à travers la consolidation de la position du pays au sein de l’Espace économique européen (EEE).

Kristrun Frostadottir a précisé que la question d’une éventuelle adhésion à l’UE ne serait pas réexaminée sous le mandat du gouvernement actuel. Les autorités doivent toutefois encore déterminer le sort de la candidature officiellement déposée par Reykjavik en 2009, qui n’a jamais été formellement retirée. Le gouvernement prévoit de consulter la commission parlementaire des Affaires étrangères avant d’arrêter une position définitive.

De son côté, la ministre islandaise des Affaires étrangères, Katrin Gunnarsdottir a souligné que l’adhésion de son pays à l’Union européenne n’avait jamais représenté une fin en soi, mais un moyen potentiel de renforcer la prospérité et la stabilité économique de l’Islande.

L’Islande avait présenté sa candidature après la grave crise financière de 2008. Les négociations, ouvertes en 2010, avaient été suspendues trois ans plus tard avec l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique. Depuis, les pourparlers sont restés gelés, tandis que le pays privilégie sa coopération avec l’UE dans le cadre de l’EEE.