La France plaide pour de nouvelles sanctions contre la Russie après les attaques présumées en Allemagne

La France a annoncé mercredi son intention de soutenir les propositions allemandes de nouvelles sanctions contre la Russie, tout en préparant ses propres mesures visant notamment des navires de la « flotte fantôme » russe. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’exprimait à Wicklow, en Irlande, à l’occasion de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, dite « Gymnich ».

Le chef de la diplomatie française a indiqué avoir convoqué le chargé d’affaires russe à Paris afin de protester « très vivement » après les attaques présumées attribuées à Moscou en Allemagne. Selon lui, les éléments communiqués par les autorités allemandes permettraient d’établir une volonté de sabotage visant un avion et un site logistique utilisés pour soutenir l’Ukraine.

Pour Jean-Noël Barrot, cet épisode s’inscrit dans une stratégie plus large de déstabilisation menée, selon Paris, par le Kremlin contre l’Union européenne, ses processus démocratiques et son soutien à Kiev. « Nous ne laisserons pas un acte d’une telle gravité sans conséquence », a-t-il affirmé.

Le ministre a également annoncé la livraison de nouveaux missiles intercepteurs à l’Ukraine, conformément aux engagements pris par le président Emmanuel Macron. Il a rappelé la création, le 13 juillet à Paris, d’une « coalition anti-balistique » réunissant plusieurs partenaires européens et internationaux.

La réunion de Wicklow doit également aborder la situation au Proche et au Moyen-Orient. Jean-Noël Barrot a dénoncé la hausse des violences commises par des colons israéliens en Cisjordanie et appelé l’Union européenne à envisager de nouvelles sanctions contre les responsables de la colonisation et des violences.

Paris souhaite également que l’UE interdise l’entrée de produits issus des colonies jugées illégales en Cisjordanie. Le ministre a par ailleurs proposé l’envoi, dès septembre, d’une mission destinée à soutenir l’organisation d’élections palestiniennes.

Enfin, Jean-Noël Barrot a plaidé pour un renforcement du rôle de la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, estimant que la politique extérieure européenne devait être davantage préparée et coordonnée au sein des institutions de l’Union.