L’Assemblée nationale du Nicaragua approuve une réforme controversée sur la participation aux élections

L’Assemblée nationale du Nicaragua a approuvé mardi à l’unanimité une nouvelle réforme constitutionnelle qui restreint davantage la participation de l’opposition aux élections, renforçant ainsi le contrôle exercé par le président Daniel Ortega et son entourage sur la vie politique du pays.

Adoptée lors d’une session extraordinaire du Parlement monocaméral organisée à León, à environ 90 kilomètres au nord-ouest de Managua, la réforme prévoit notamment l’exclusion du processus électoral des personnes accusées de participation à des « actes putschistes », de « trahison de la patrie » ou de sollicitation d’une intervention militaire étrangère.

Cette décision intervient dans un contexte politique déjà fortement verrouillé. Depuis plusieurs années, les principaux opposants au gouvernement ont été emprisonnés, contraints à l’exil ou privés de leur nationalité, tandis que les formations politiques encore autorisées sont, pour l’essentiel, considérées comme proches du pouvoir ou du Front sandiniste de libération nationale (FSLN).

La réforme s’inscrit dans le prolongement de la Constitution adoptée en 2025 à l’initiative de Daniel Ortega et de son épouse, Rosario Murillo. Le texte avait déjà instauré de nouvelles restrictions pour les partis politiques et repoussé à novembre 2027 les élections législatives initialement prévues en novembre 2026.

Les députés ont également porté à sept ans la durée du mandat présidentiel, alors qu’elle avait été étendue de cinq à six ans en 2025. Le gouvernement affirme que ces mesures visent notamment à protéger le Nicaragua contre toute ingérence étrangère, Daniel Ortega accusant régulièrement Washington d’avoir soutenu les mouvements de contestation qui avaient secoué le pays en 2018.

Ces manifestations, dont la répression avait fait environ 350 morts selon l’ONU, ont marqué un tournant dans le durcissement du pouvoir. Depuis, la pression sur les médias indépendants, les organisations civiles et les figures de l’opposition s’est accentuée, poussant un grand nombre de Nicaraguayens à quitter le pays.

La réforme, annoncée en juillet à l’occasion de l’anniversaire de la révolution sandiniste, a suscité de vives critiques internationales. Les États-Unis, l’Union européenne et leurs partenaires au sein de l’Organisation des États américains ont déjà appelé à une réaction face à l’évolution de la situation politique et institutionnelle du Nicaragua.