L’Allemagne a autorisé, au cours du premier semestre 2026, près de 800 millions d’euros d’exportations d’équipements militaires vers Israël, soit environ 930 millions de dollars, selon des informations rapportées mercredi par la presse allemande. Le montant, communiqué par le ministère allemand de l’Économie et de l’Énergie en réponse à une question parlementaire du parti d’opposition Die Linke, représente plus de quatre fois la valeur des exportations autorisées vers Israël sur l’ensemble de l’année 2025, d’après le magazine Der Spiegel.
Cette forte progression intervient après la levée, le 24 novembre 2025, de restrictions partielles imposées quelques mois auparavant par le gouvernement du chancelier Friedrich Merz. Le 8 août, Berlin avait suspendu les livraisons d’armes susceptibles d’être utilisées dans la bande de Gaza, à la suite de la décision israélienne d’étendre ses opérations militaires dans l’enclave. Ces mesures avaient finalement été maintenues pendant environ trois mois et demi.
Les principaux contrats de défense expliquent l’essentiel de la hausse enregistrée. Au deuxième trimestre, les licences accordées ont atteint 735,8 millions d’euros, dont environ 67 % étaient liés à un projet naval. Der Spiegel cite notamment l’INS Drakon, un sous-marin à propulsion anaérobie construit par ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), récemment parti du chantier naval de Kiel à destination d’Israël.
Environ 21 % des autorisations concernaient par ailleurs des projets conjoints entre entreprises allemandes et israéliennes, présentés comme répondant aux intérêts stratégiques de la Bundeswehr. Les autres licences portent notamment sur des armes légères, des munitions, des explosifs et des drones.
Cette évolution suscite de vives critiques de Die Linke. Sa porte-parole aux affaires internationales, Lea Reisner, a dénoncé une politique de « deux poids, deux mesures » et appelé à la suspension immédiate des exportations d’armes vers Israël.
Selon les données citées, Berlin avait autorisé 327 millions d’euros d’exportations militaires vers Israël en 2023, 161,1 millions en 2024 et 260 millions en 2025.
