L’Assemblée générale des Nations unies a adopté mercredi une résolution appelant les États-Unis à mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba. Le texte a recueilli 130 voix favorables, contre 17 oppositions, tandis que 25 pays se sont abstenus, illustrant une nouvelle fois le soutien majoritaire des États membres à la levée de ces mesures.
Parmi les pays ayant voté contre figurent les États-Unis, Israël, l’Ukraine, l’Argentine et les Émirats arabes unis. La Türkiye s’est, pour sa part, prononcée en faveur de la résolution.
Avant le scrutin, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez Parrilla, a dénoncé les conséquences de l’embargo sur les conditions de vie de la population. Selon lui, les restrictions américaines contribuent aux pénuries de carburant, de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres produits essentiels, dans un contexte économique déjà difficile pour l’île.
« Cuba n’est pas une menace. Le blocus est une menace », a déclaré le chef de la diplomatie cubaine devant l’Assemblée générale, présentant ces mesures comme un instrument de pression économique affectant directement les citoyens. Il a également insisté sur leurs répercussions dans les foyers et les établissements hospitaliers, estimant que leurs conséquences dépassaient les seuls indicateurs économiques.
La position de Washington diverge de cette analyse. Le représentant américain, Mike Waltz, a rejeté la présentation faite par La Havane des sanctions, attribuant principalement les difficultés économiques cubaines aux choix politiques de ses propres dirigeants.
Ce vote s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs décennies au sein des Nations unies. Depuis 2012, l’Assemblée générale adopte régulièrement des résolutions appelant à la fin de l’embargo américain, sans toutefois disposer du pouvoir de contraindre juridiquement Washington à modifier sa politique.
Instauré en 1960, l’embargo a été progressivement élargi au cours des années suivantes. La nouvelle résolution renouvelle ainsi l’appel diplomatique de la majorité des États membres en faveur de sa levée, alors que les divergences entre Washington et La Havane demeurent profondes sur les causes de la crise économique cubaine et les moyens d’y répondre.

