L’Italie face à une nouvelle mobilisation de la jeunesse dans plusieurs grandes villes

De nouvelles manifestations de jeunes sont prévues vendredi dans plusieurs villes italiennes, notamment Rome, Milan, Turin, Bologne et Palerme. Ces mobilisations, organisées autour de revendications sociales, éducatives et environnementales, suscitent l’inquiétude des autorités, après les débordements enregistrés les 17 et 18 octobre à Milan.

Depuis plusieurs semaines, des lycéens et des étudiants descendent dans la rue pour réclamer des mesures contre le changement climatique, une augmentation des financements consacrés à l’enseignement ainsi qu’un renforcement des aides au logement étudiant.

« Nous nous attendons à une mobilisation massive des élèves, qui bloqueront et videront les établissements scolaires », a confié, à l’AFP, Laura Teresi, 18 ans, porte-parole du mouvement lycéen OSA. Elle a également dénoncé les politiques de réarmement du gouvernement de Giorgia Meloni, la hausse du coût de la vie et les restrictions budgétaires dans le secteur de l’éducation.

Les autorités de Rome redoutent une répétition des violences survenues à Milan les 17 et 18 octobre, lorsque des groupes de jeunes avaient incendié des véhicules et brisé les vitrines de magasins de luxe pour y dérober des articles. Les incidents s’étaient produits en marge des mobilisations, sans coordination apparente entre les auteurs.

Les rassemblements de vendredi coïncideront avec une grève générale décrétée par le syndicat USB, issu de la gauche contestataire.

Pour l’historien et anthropologue politique, Rosario Forlenza, de l’université Luiss de Rome, ces mouvements traduisent un malaise social, économique et culturel qui traverse plusieurs catégories de la population. Il souligne notamment la précarité d’une jeunesse sous-représentée politiquement et qui estime que ses préoccupations restent insuffisamment prises en compte.

Face à cette contestation, le gouvernement prépare un durcissement des mesures encadrant les manifestations, avec notamment des restrictions sur les rassemblements publics et des sanctions renforcées concernant les mineurs et leurs parents.

Parallèlement, l’exécutif met en avant plusieurs dispositifs sociaux, dont une prime annuelle de 2.500 euros destinée aux travailleurs de moins de 30 ans, envisagée dans le cadre du budget 2027. Giorgia Meloni a toutefois distingué ces mesures de soutien des réponses qu’elle entend apporter aux actes de violence.