L’Allemagne envisage d’élargir les restrictions visant les équipements chinois dans ses réseaux mobiles

L’Allemagne prépare un renforcement de ses mesures de sécurité dans les infrastructures de télécommunications, qui pourrait se traduire par une interdiction élargie des équipements fabriqués en Chine dans ses réseaux de téléphonie mobile. 

Cette orientation, rapportée mercredi par le quotidien économique allemand Handelsblatt, pourrait notamment affecter les groupes Huawei et ZTE, déjà au centre des préoccupations de plusieurs gouvernements de pays occidentaux.

Interrogé par le journal, un porte-parole du ministère allemand de l’Intérieur a évoqué la nécessité d’adapter la politique de sécurité du pays face à l’évolution des risques pesant sur les infrastructures critiques. Il a plaidé pour une approche plus globale et anticipative des dépendances technologiques, ainsi que pour une réévaluation des vulnérabilités associées aux équipements utilisés dans les réseaux nationaux.

Cette réflexion intervient alors que l’Agence fédérale allemande des réseaux envisage de classer, pour la première fois, les stations de base 5G parmi les composants particulièrement sensibles. Ces équipements jouent un rôle central dans le fonctionnement des réseaux mobiles, puisqu’ils assurent la connexion entre les téléphones et les infrastructures de télécommunications.

Une éventuelle interdiction des stations de base fabriquées en Chine pourrait avoir des conséquences directes sur la présence de Huawei et de ZTE sur le marché allemand. 

Les équipements fournis par ces groupes reposent en effet sur des systèmes intégrés dont les différents composants ne sont pas toujours facilement remplaçables ou compatibles avec ceux d’autres fabricants.

Dans cette perspective, les opérateurs pourraient se tourner davantage vers des fournisseurs alternatifs, notamment les groupes européens Nokia et Ericsson, ainsi que le sud-coréen Samsung.

Au-delà des réseaux 5G, Berlin entend également anticiper les enjeux de sécurité liés au développement de la prochaine génération de télécommunications mobiles, la 6G.

 Le ministère de l’Intérieur estime prioritaire d’éviter l’intégration de composants critiques provenant de fabricants considérés comme potentiellement peu fiables.

Les autorités allemandes soulignent ainsi la nécessité de faire évoluer les exigences nationales en matière de sécurité des télécommunications, afin de tenir compte des progrès technologiques et de l’émergence de nouvelles menaces.