L’inflation dans la zone euro a atteint 2,5 % en mars, portée par la hausse des prix de l’énergie

L’inflation dans la zone euro a nettement progressé en mars, atteignant 2,5 % sur un an, contre 1,9 % en février dernier, selon une première estimation publiée mardi par Eurostat. 

Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis janvier 2025 pour les pays partageant la monnaie unique (Euro), confirmant un retournement de tendance sous l’effet du choc énergétique.

Cette progression, bien que marquée, reste légèrement inférieure aux attentes des analystes, qui anticipaient une inflation comprise entre 2,6 % et 2,7 %, selon les estimations compilées par Bloomberg et FactSet. Dans le détail, les prix de l’énergie ont bondi de 4,9 % sur un an en mars contre un recul de 3,1 % en février, illustrant l’impact direct de la flambée des cours du pétrole et du gaz.

À l’inverse, l’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils, a légèrement ralenti à 2,3 % au mois de mars, contre 2,4 % le mois précédent. Ce repli suggère que la hausse des coûts énergétiques ne s’est pas encore pleinement diffusée à l’ensemble de l’économie. 

Les prix des services ont ainsi progressé de 3,2 %, tandis que ceux des biens industriels ont limité leur hausse à 0,5 %. L’alimentation, quant à elle, a enregistré une progression plus modérée de 2,4 %.

Sur le plan national, la France se distingue par un taux d’inflation de 1,7 % en mars, inférieure à la moyenne de la zone euro. Dans ce contexte, le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a averti que le conflit au Moyen-Orient pourrait amputer la croissance de l’Union européenne de 0,4 à 0,6 point cette année, sans remettre en cause, à ce stade, la prévision officielle de 1,4 % pour 2026.

Face à ces tensions, les ministres des Finances et de l’Énergie du G7 ont affirmé leur détermination à préserver la stabilité des marchés. Les regards se tournent désormais vers la Banque centrale européenne, dont la présidente, Christine Lagarde, a évoqué un «éventail gradué d’options», tout en appelant à la prudence.

En toile de fond, les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, continuent de perturber les flux énergétiques mondiaux. Environ 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour, et les restrictions de navigation imposées par l’Iran ont contribué à la hausse des prix du brut, du transport maritime et des assurances, alimentant les inquiétudes économiques à l’échelle internationale.