La Turquie s’apprête à rendre hommage, jeudi, aux neuf victimes de la fusillade survenue dans un établissement scolaire de Kahramanmaras, un drame qui a profondément bouleversé le pays. Les obsèques des huit élèves et de leur enseignante, tués la veille, doivent se tenir dans cette ville du sud, alors que l’émotion reste vive au sein de la population.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’auteur des faits, un adolescent de 14 ans, aurait été influencé par des théories misogynes diffusées en ligne. Les autorités ont notamment relevé qu’il utilisait sur son profil une image faisant référence à Elliot Rodger, dont l’attaque en Californie avait marqué les esprits par sa dimension idéologique.
Ce drame intervient dans un contexte déjà tendu. La veille, une autre attaque perpétrée par un adolescent armé avait fait seize blessés dans un lycée technique de Sanliurfa. Face à cette succession d’événements, les autorités turques ont réagi fermement. La police a annoncé l’émission de mandats d’arrêt contre 83 personnes accusées d’avoir fait l’apologie de ces violences sur les réseaux sociaux, soulignant leur impact négatif sur l’ordre public.
L’enquête a également révélé la préméditation de l’attaque de Kahramanmaras. Un document daté du 11 avril 2026, retrouvé sur l’ordinateur du suspect, attesterait de la préparation d’une action d’« ampleur ». Le père de l’adolescent, ancien inspecteur de police, a été placé en détention provisoire, tandis que les supports numériques saisis font l’objet d’analyses approfondies.
D’après les autorités, l’attaque, menée avec des armes appartenant vraisemblablement au père, s’est déroulée dans deux salles de classe, où le tireur a ouvert le feu de manière indiscriminée. L’adolescent est décédé, sans que les circonstances précises de sa mort aient pu être établies.
Bien que ce type de violence reste rare en Turquie, ce drame relance les inquiétudes autour de la circulation massive d’armes à feu, souvent illégales, et de l’influence croissante des contenus extrémistes en ligne sur les jeunes.

