La Hongrie va réintégrer la CPI et exécuter ses mandats d’arrêt y compris celui visant Benjamin Netanyahou

Dans un tournant diplomatique significatif en Hongrie, le nouveau Premier ministre, Peter Magyar, a annoncé le 20 avril, la volonté de son pays de réintégrer la Cour pénale internationale (CPI) et de se conformer pleinement à ses obligations, y compris l’exécution des mandats d’arrêt en vigueur, dont celui émis contre le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Cette déclaration marque une rupture nette avec la politique de son prédécesseur, Viktor Orbán.

En 2025, ce dernier avait engagé le retrait de la Hongrie de la CPI après avoir accueilli à Budapest, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, visé depuis 2024 par un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre la population civile dans la bande palestinienne de Gaza. Cette visite, la première en Europe depuis 2023, avait été suivie d’un vote du Parlement hongrois en faveur du retrait qui a été adopté par 134 voix contre 37, bien que la procédure doive s’étaler sur un an. 

Le nouveau chef du gouvernement a également indiqué que son équipe examinait les moyens d’interrompre le processus de retrait avant son échéance prévue début juin.

Fraîchement victorieux des élections législatives du 12 avril, Peter Magyar a rapidement affiché son intention d’inverser cette décision. Interrogé sur une apparente contradiction liée à une invitation adressée à Benjamin Netanyahou pour une commémoration à Budapest, il a précisé que cette invitation relevait d’une démarche protocolaire élargie à plusieurs dirigeants. Il a toutefois rappelé un principe juridique clair : tout État membre de la CPI est tenu d’arrêter toute personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt si elle se trouve sur son territoire.

Ce repositionnement pourrait avoir des répercussions au niveau européen. Plusieurs États membres, dont l’Espagne, la Slovénie et l’Irlande, plaident pour une réévaluation des relations entre l’Union européenne et Israël. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a salué cette évolution, estimant qu’elle pourrait débloquer des discussions jusqu’ici entravées par Budapest.