L’Allemagne s’apprête à accorder à l’Ukraine le statut de membre associé à l’UE avant son adhésion

Le chancelier allemand, Friedrich Merz a proposé la création d’un statut de «membre associé» pour l’Ukraine au sein de l’Union européenne, afin de renforcer rapidement l’intégration de Kiev aux institutions européennes, sans attendre une adhésion pleine et entière. 

Cette initiative, révélée jeudi par plusieurs médias européens, intervient alors que l’Ukraine multiplie les appels en faveur d’une accélération de son processus d’adhésion à l’UE.

Dans une lettre adressée aux dirigeants européens, Friedrich Merz suggère une intégration politique et institutionnelle immédiate de l’Ukraine, tout en excluant, dans un premier temps, le droit de vote ainsi que le statut de membre à part entière. 

Le dirigeant conservateur allemand justifie cette proposition par la situation exceptionnelle de l’Ukraine, confrontée à la guerre avec la Russie, mais aussi par les avancées enregistrées dans les négociations d’adhésion en cours avec Bruxelles.

Le chancelier allemand assure que ce statut spécial constituerait un signal politique fort destiné à soutenir les Ukrainiens face à « l’agression russe » et à renforcer la crédibilité européenne auprès de Kiev, estimant toutefois qu’une adhésion complète de l’Ukraine à l’UE, demeure, dans un avenir proche, irréaliste en raison des nombreux obstacles politiques, juridiques et institutionnels qui subsistent au sein de l’Union européenne.

Le projet présenté par Friedrich Merz prévoit notamment la participation de l’Ukraine aux réunions de la Commission européenne et du Conseil de l’Union européenne sans le droit de vote. Kiev pourrait également disposer de représentants associés auprès de la Commission européenne, du Parlement européen et de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), avec des prérogatives limitées.

Au plan sécuritaire, le chancelier propose que les États membres de l’UE s’engagent politiquement à étendre à l’Ukraine la clause européenne d’assistance mutuelle prévue par l’article 42(7) du traité de l’UE, afin d’offrir à Kiev des garanties de sécurité substantielles.

Friedrich Merz considère enfin que cette formule intermédiaire permettrait d’accélérer le rapprochement entre l’Ukraine et l’Union européenne sans nécessiter de modification des traités européens ni de longues procédures de ratification nationale.