Le Premier ministre indien, Narendra Modi a annoncé jeudi 23 juillet, la création prochainement de tribunaux d’exception destinés à juger rapidement les personnes impliquées dans les fuites de sujets des examens, alors que la contestation estudiantine continue de prendre de l’ampleur à travers le pays.
Cette décision intervient dans un contexte de vives tensions provoquées par une série de scandales ayant ébranlé la confiance des étudiants dans le système des concours et examens publics en Inde.
S’exprimant sur le réseau social X, le chef du gouvernement a affirmé que «rien n’est plus important que le bien-être et l’avenir de notre jeunesse», annonçant avoir ordonné aux autorités compétentes de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires afin de garantir des poursuites judiciaires rapides et des sanctions exemplaires contre les responsables de ces fraudes. Ceux qui compromettent l’avenir des étudiants, a-t-il prévenu, «ne seront pas épargnés».
Ces déclarations constituent la première réaction directe du Chef du gouvernement indien, Modi depuis le début des manifestations des étudiants. Initialement concentrée à New Delhi, la mobilisation s’est progressivement étendue à plusieurs grandes villes, notamment Mumbai, la capitale économique de l’Inde.
A New Delhi, les rassemblements sont conduits par le Cockroach Janta Party, un mouvement populaire récemment créé qui revendique plus de 23 millions d’abonnés sur Instagram. Cette formation est née après des propos controversés attribués au président de la Cour suprême, Surya Kant, qui avait comparé les jeunes chômeurs à des cafards. Les manifestants réclament désormais la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan.
Face à la poursuite des rassemblements des étudiants, les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans la capitale. L’administration du métro de Delhi a annoncé la fermeture de seize stations jusqu’à nouvel ordre, afin de limiter les déplacements vers les principaux lieux de rassemblement des manifestants.
Des affrontements ont éclaté mercredi soir à Jantar Mantar entre manifestants et forces de l’ordre. Quelques jours plus tôt, près de 118 membres des forces de sécurité et 60 manifestants avaient été blessés lors d’une tentative de marche des étudiants vers le siège du Parlement.
Réagissant aux annonces du Premier ministre, le chef de l’opposition, Rahul Gandhi, a accusé Narendra Modi d’être « le principal responsable » de la dégradation des perspectives offertes à la jeunesse indienne, illustrant la vive polarisation politique autour de cette crise.

